A l’heure où ces lignes sont écrites, nous ne savons pas encore qui, du républicain Donald Trump, ou du démocrate Joe Biden sera le prochain président des États-Unis. Mais, à vrai dire, aussi importante que soit cette question, cette élection et cette campagne ont mis en lumière certains faits que l’on pourrait qualifier d’incohérents venant du pays se revendiquant comme « le plus puissant du monde ».

Depuis des mois, avec la crise du coronavirus impliquant la hausse effective du nombre de votes par correspondance, le président Donald Trump n’a eu de cesse de répéter que cette élection serait l’occasion d’une immense fraude mise en place en faveur des démocrates. Si cette prise de parole est en tout point comparable à celles qu’il a eu l’occasion de faire lors de ses quatre années à la Maison Blanche, elle n’en reste pas moins extrêmement dangereuse dans un pays démocratique. Cependant, dans ce contexte extrêmement tendu, ses déclarations montrent, de plus en plus, à quel point il est prêt à tout pour ne pas abandonner le pouvoir.
Communiqué très prématuré annonçant sa victoire le mercredi 4 novembre 2020 au matin (heure française) alors que les votes continuaient d’être comptabilisés partout dans le pays, appels à stopper le dépouillement en faisant état d’une fraude prétendue, annonce déclarant que la Cour Suprême serait saisie mais sans dire pour quelles raisons, tous ces événements ont rythmé la vie politique américaine ces derniers jours. Ce vendredi 6 novembre 2020 au matin, lors d’une conférence officielle, nombre de chaînes ont dû couper la prise de parole officielle de Donald Trump car ce dernier faisait état de « votes illégaux » et si ceux-ci n’étaient pas pris en compte, il gagnerait « facilement ». Ces allégations ont été suivies par des actes de la part des supporters du président actuel, avec de nombreuses manifestations devant des bureaux de vote, comme à Philadelphie ou à Phoenix, appelant à stopper le comptage.
Ces paroles ont même été en quelque sorte condamnées par certains membres importants du parti républicain, comme le sénateur Pat Toomey, qui affirme que, selon lui, les propos du président sortant sont « très dérangeants ». De plus, le fait est que cette élection ressemble en tout point à ce que Donald Trump avait prévu. Il a été assez rapidement en tête dans de nombreux Etats-clés. S’il en a gagné certains (Floride, Ohio…), il s’est fait rattraper puis dépasser dans de nombreux autres (Wisconsin, Michigan, Pennsylvanie et Géorgie à l’heure où ces lignes sont écrites). Or, ce sont très précisément les prédictions que le président américain avait faites à ses supporters. Si on peut trouver derrière cette situation des explications logiques, à savoir le dépouillement tardif des votes par correspondance et qui étaient vus comme plus favorables aux démocrates, le fait que le candidat républicain jette de l’huile sur le feu de telle manière est effectivement plus qu’inquiétant chez un homme avec autant de pouvoir et un des garants de la paix intérieure de son pays.

On pourrait considérer que ses dires sont finalement plutôt à l’image de sa vie politique depuis son arrivée au pouvoir.

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