ALLOCUTION DE MACRON : CE QU’IL FAUT EN RETENIR :

Une fois n’est pas coutume, l’intervention présidentielle de ce dimanche 14 juin fut enregistrée à l’avance. Très attendue avant la diffusion du JT de 20 heures, elle dura près de 20 minutes, alors qu’Emmanuel Macron se fait assez rare dans les médias en ce moment, et que les grandes actualités ne manquent pas. Parmi lesquelles la crise de Covid-19 qui semble bientôt toucher à sa fin, mais également les manifestations à remous venues des Etats-Unis, dont certaines se déroulent en ce moment en France, sous couvert d’une lutte anti-raciste.

Les mesures prises :

Le Président de la République a alors acté, en toute solennité, la fin du « premier acte de la crise », nous faisant basculer vers la nouvelle étape du plan de déconfinement. Ont été évoqués, par la même occasion, les différents thèmes attendus au tournant que sont :

  • La Restauration, avec la réouverture totale des restaurants en Ile de France, impliquant le respect des règles de distanciation.
  • L’Education Nationale, avec le retour de l’école obligatoire dès le 22 juin partout en France, pour les écoliers et collégiens.
  • Les Maisons de retraite, avec les visites en EHPAD qui « devront désormais être autorisées » comme indiqué.
  • Les Frontières, avec leurs réouvertures prévues ce lundi 15 juin pour les pays de l’UE, et le 1er juillet pour les pays hors UE.
  • L’Economie. La France a « mobilisé près de 500 Milliards d’euros » : Le chef de l’Etat a écarté la possibilité d’une hausse des impôts, annonçant « vouloir éviter au maximum les licenciements ». Reste à voir si ces annonces se dérouleront comme prévu, lorsque l’on connaît les mauvaises projections qui traitent des répercussions à venir, c’est-à-dire ces prochains mois.
  • Le Racisme et les violences policières. Macron a évoqué les tensions liées aux violences policières donnant lieu à des manifestations dans le pays. Il proclame : « Les policiers et les gendarmes méritent le soutien de la puissance publique et la reconnaissance de la Nation. » 

Ou encore : « Nous sommes une nation où chacun, quelles que soient ses origines et sa religion doit trouver sa place… Nous serons intraitables face au racisme et à l’antisémitisme, et de nouvelles mesures fortes pour l’égalité des chances seront prises. », mettant en garde contre les « communautarismes et les séparatismes ». « La République n’effacera aucune trace ni aucun nom de son histoire » a t’-il prévenu.

  • Les Municipales. Le second tour est bien maintenu ce dimanche 28 juin.

Les réactions politiques :

«Concernant le bilan de la crise sanitaire, Emmanuel Macron n’a pas eu le courage de dire la vérité » a déploré Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains au Sénat, qui poursuit : “Tous les malades n’ont pu être accueillis. Et c’est en France que la récession sera la plus forte. Le dire l’aurait amené, il est vrai, à reconnaître qu’il s’est trompé (…) L’autosatisfaction a été le fil conducteur de son propos. À se demander si Emmanuel Macron a encore conscience de la réalité”.

Quant à Louis Aliot, éminent député RN, mais aussi candidat en lice pour la Mairie de Perpignan, il fustige qu’« aucune leçon n’a été tirée et que le blabla techno est venu habiller le néant », maintenant la position du Rassemblement National pour qui la gestion de cette crise par le gouvernement au pouvoir fut désastreuse.

Enfin, Jean-Luc Mélenchon assène, par un Tweet bien singulier: « Pluie de truismes, de mots volés et de poncifs. Macron saoule et il nous annonce qu’il nous dira la suite en Juillet. Un feuilleton bavard continue.» 

Les réactions des journalistes :

Le très virulent Eric Zemmour, chroniqueur d’une quotidienne sur la chaîne d’info CNews, a ressenti que « rien d’essentiel n’est ressorti », et que « le Président n’a pas dit grand-chose », hormis l’annonce de la fin du confinement.  Sa fonction s’inscrit dans la lignée de la Cinquième République, au sein de laquelle il incarne très bien son rôle de « bon roi » par opposition au « méchant 1er ministre » à qui incombe « le soin » de déclarer les mauvaises nouvelles au peuple.

De son côté, la plus modérée Natacha Polony, omniprésente dans le système médiatique, développe : “Je pense que la forme elle est, tout le monde l’a remarqué, assez consternante. On ne peut pas faire le discours de la libération de Paris à chaque fois”, a ainsi commenté la journaliste, n’ayant visiblement pas apprécié le ton du Président. “On est dans le discours où il faut avoir l’air encore plus lyrique que la fois d’avant, où il faut avoir l’air encore plus pénétré… Franchement, ça prend plus”, a-t-elle encore martelé.

Natacha Polony a aussi comparé Emmanuel Macron à Charles de Gaulle, mais pas de manière flatteuse : “Macron ne ressemble qu’au de Gaulle de 68. Pas à celui de 58, qui a réformé l’hôpital, l’université et qui a relancé le pays.” Remarquant au passage le manque de reconnaissance pour Édouard Philippe. Le Premier ministre pourrait d’ailleurs prochainement faire les frais d’un remaniement gouvernemental.

On l’aura compris : à travers les réactions de toutes ces personnalités pourtant dissonantes, le discours de notre chef d’Etat est généralement perçu comme trop plat, solennel, formaté, sans annonces choc…  Mais heureusement, les surprises ne devraient pas manquer lors de la prochaine étape majeure, à savoir les Municipales du 28 juin. Cette fois-ci, quoi que l’on pense des résultats à venir, il y aura du suspens …

Roméo Delphin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *