RENAULT : QUEL AVENIR ?

Renault connaît actuellement de grands problèmes financiers, suite à l’épidémie du Covid-19, qui a causé l’effondrement du marché automobile. Conséquence pas uniquement due au virus puisque l’entreprise avait déjà enregistré l’an dernier sa première perte nette en 10 ans. Ce qui explique pourquoi le groupe a annoncé dernièrement un plan d’économies d’ampleur, qui prévoit la suppression exceptionnelle de milliers d’emplois dans le monde, tout comme la restructuration de six usines en France, entre autres.

Pour une entreprise de telle importance, connue de tous, une nouvelle tactique de groupe s’imposait et allie, à une baisse importante de coûts, une importante stratégie de rebond.

Vendredi 29 mai : L’origine du problème : Le plan de restructuration :

Vendredi 29 mai, un plan de restructuration du groupe Renault a prévu la suppression de 15 000 postes, dont 4600 en France, soit environ 10 % des effectifs dans l’Hexagone mais aussi dans le monde. Avec des départs volontaires et sans licenciement, et ce, dans le cadre d’un plan d’économies de plus de 2 milliards d’euros, à l’horizon 2022.

Les sites de Choisy-Le Roi et Dieppe sont concernés par ce plan, qui envisageait aussi de se séparer de la fonderie de Caudan (Morbihan).

Samedi 30 mai : Grève à Maubeuge :

Samedi, des milliers de personnes, 8000 selon la CGT, ont manifesté dans cette ville du Nord, contre le plan d’économies de Renault. L’usine était à l’arrêt depuis vendredi matin pour s’opposer au projet du transport de la production des utilitaires électriques Kangoo de Douai (Nord), à environ 70 kms de là.

Mercredi, « Suite aux engagements de Renault et du gouvernement, les salariés ont décidé de reprendre l’activité sur le site de Maubeuge » a confirmé Jérôme Delvaux (CGT). La grande contestation aura donc payé.

Mardi 2 Juin : Aide confirmée par l’Etat :

L’Etat français, en tant que puissance publique, mais aussi premier actionnaire du groupe, qui détient plus de 15 % des parts, était attendu au tournant. 

Et mardi 2 juin, le ministre de l’économie Bruno Le Maire a signé un prêt garanti par l’Etat de 5 milliards d’euros, ayant pour contrepartie la préservation de l’emploi et du niveau d’activité sur le site de Maubeuge (Nord).

Mercredi 3 juin : La manif de Choisy Le Roi :

Mercredi 3 juin, une manifestation pour le site de Choisy-Le- Roi (Val de Marne) s’est tenue dans cette ville, par des salariés en grève, estimés à environ « 300 personnes. » 

Ces derniers étaient épaulés par leurs délégués syndicaux centraux, représentants quatre organisations (CFE-CGC, CFDT, CGT, FO), mais aussi le célèbre Philippe Martinez, leader de la CGT, et salarié depuis plus de 30 ans au groupe.

Ce dernier a déclaré que le président de Renault, Jean-Dominique Sénard, « a su se mobiliser pour Maubeuge, Caudan, Dieppe mais pas Choisy » a- t-il regretté, annonçant « la tenue d’une nouvelle manifestation samedi en présence des élus de la ville. »

Pour rappel, la fermeture de ce site est annoncée à l’horizon 2022. Le seul concerné sur les 14 français en exercice.

Jeudi 4 juin : L’intervention du Président sur BFM Business :

“Oui Renault est fragile, si je vous disais l’inverse, vous ne me croiriez pas. Mais c’est une situation temporaire, vous allez voir le rebond va être magistral” a promis Jean-Dominique Sénard sur la chaine du groupe Altice.

Il poursuit : “Mais nous avons tout ce qu’il faut en interne pour rebondir” alors que le nouveau directeur général du groupe, l’Italien Luca de Meo, est attendu le 1er juillet prochain pour tenter d’apporter un nouveau souffle à la marque, après la fin de l’ère Carlos Ghosn.

“L’Etat ne m’a absolument pas tordu le bras, j’ai des échanges réguliers avec l’Etat qui est une partie prenante fondamentale de Renault”, “Renault, c’est un bout de France. Je le sais depuis ma naissance. Que l’Etat s’intéresse à Renault, ça ne me choque pas, ça ne me surprend pas.”

Enfin, un renforcement de l’alliance avec l’allemand Daimler est envisagé : « Nous travaillons ensemble déjà beaucoup (…) On va continuer et on va trouver des chemins – j’espère dans quelques semaines – pour annoncer avec Daimler une étape supplémentaire dans l’alliance », a annoncé le président de Renault sur BFM Business.

Reste à savoir si in fine, l’ensemble de ces actions d’ampleur redonneront un nouveau souffle à « l’entreprise au losange » comme cela semble bien anticipé. L’avenir proche nous le dira …

Roméo Delphin

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