Ce samedi 2 Janvier, deux soldats des Forces françaises anti-djihadistes ont été tués à la suite d’une attaque à l’engin explosif artisanal. Cette attaque meurtrière survient après la mort le lundi 28 Décembre de trois soldats dans des circonstances similaires. Depuis 2013 au Sahel, 50 militaires ont été tués lors d’opérations anti-djihadistes Serval puis Barkhane. Au deuil national s’ajoute la problématique d’une frappe de missiles qui aurait été à l’origine de plusieurs victimes civiles ce dimanche 3 Janvier. L’état-major des armées a immédiatement démenti cette information. On fait le point sur l’actualité agitée de l’armée française.

Cinq victimes en moins d’une semaine

Trois soldats du 1er régiment de chasseurs de Thierville sur Meuse ont d’abord été tués. Il s’agit du brigadier-chef Tanerii Mauri, du chasseur de première classe Dorian Issakhanian et Quentin Pauchet. Ils ont été victimes d’une bombe artisanale. 6 jours plus tard, au cours d’une mission de reconnaissance et de renseignement dans la région de Ménaka (Nord-Est), le véhicule blindé léger où avait pris place le sergent Yvonne Huynh et le brigadier Loïc Risser – issus du 2ème régiment de hussards de Haguenau – a explosé au contact d’un engin explosif improvisé, ont précisé la présidence française et l’état-major des armées. Un troisième soldat est blessé mais ces jours ne sont pas comptés. La militaire Yvonne Huynh, âgée de 33 ans et mère d’un garçon, est la première femme de l’armée française tuée au Sahel depuis l’intervention de serval en 2013. Les deux attaques ont été revendiquées par le groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) affilié à Al-Qaïda.
Emmanuel Macron a réagi dans les deux cas en rendant hommage aux soldats morts pour la France dans l’accomplissement de leur devoir, et en partageant la douleur des familles, de leurs proches et de leurs frères d’armes. Le chef de l’État a tenu à rappeler « la détermination de la France dans son combat contre le terrorisme ».

Des versions contradictoires sur la frappe de missile française

Dans le village de Bounti, au centre du Mali, une frappe a été exécutée à l’encontre de djihadistes présumés. Le village, situé dans la région de Mopti, est l’un des principaux foyers de violences au Mali. L’armée française affirme avoir tué une dizaine de terroristes quand plusieurs villageois assurent la mort de plusieurs civils. Il serait alors ici question de victimes collatérales.
Tabital Pulakuu, association pour la promotion de la culture de l’ethnie peule, déclare sur Facebook qu’une « frappe aérienne a coûté la vie à une vingtaine de personnes civiles au moins » au cours d’un mariage. Depuis, plusieurs témoignages alimentent la polémique. Selon les dires de certains villageois, il s’agirait d’un hélicoptère non identifié, sachant que les opérations offensives aériennes au Mali sont essentiellement le fait de l’armée Malienne et de la force française Barkhane. L’armée française s’est exprimée mardi en expliquant que « le comportement des individus, leur équipement et le recoupement du renseignement excluent autre chose qu’un rassemblement » et clarifie davantage son propos en clamant qu’aucun mariage ne serait possible sur place.

Louis Chauffour – 12/01/2021

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