NICOLAS HULOT INTERVIEWÉ PAR LE MONDE SUR « L’APRÈS-COVID »

Ce mardi 5 mai, Nicolas Hulot, ancien ministre de la transition écologique, a donné une interview au journal Le Monde concernant la situation actuelle de pandémie. Il prône un changement des modes de production et de consommation et craint que certains cherchent des responsables à la crise sanitaire. 

Son interprétation des causes de la crise : 

La pandémie de coronavirus qui touche nos sociétés aujourd’hui révèle les défauts de la mondialisation et les limites de notre modèle économique. En effet, on observe une réelle incapacité à anticiper collectivement, que ce soit concernant les crises écologiques, sociales et économiques. Les gouvernements ont attendu que le virus ait franchi les frontières pour prendre des mesures. 

Cette attitude est problématique notamment sur le plan écologique puisque la crise climatique inévitable n’est pas anticipée. Malgré les données scientifiques explicites sur le sujet, on ne prend pas de réelles décisions, seulement des « doses homéopathiques ». 

Il est ainsi nécessaire de faire l’inventaire de ce qui est toxique dans nos méthodes et de tirer les leçons de nos erreurs. Il s’agit dès aujourd’hui de prendre des décisions pour le pendant (l’urgence sociale et sanitaire) et l’après (par anticipation). 

Un « nouveau monde » à la suite du Covid19 

Nicolas Hulot rappelle les 15 propositions du « Pacte du pouvoir de vivre » afin de relancer l’économie, celles-ci suggèrent : des aides, des protocoles salariaux, des améliorations de conditions d’accueil des immigrés, des incitations aux comportements écologiques, des primes, des développements de transports éco-responsables…

Par ailleurs, il souhaite rappeler que l’heure n’est pas à la recherche de responsables à la crise ou de querelles politiques. Il ne soutient ainsi pas du tout le récent comportement du Sénat de blocage de principe du projet de loi sur la gestion de la crise sanitaire. 

Un changement d’esprit est nécessaire. Pour ce faire, Nicolas Hulot évoque les trois principes qu’il avait souhaité mettre en œuvre durant l’exercice de ses fonctions de ministre : la prévisibilité, la progressivité et l’irréversibilité. Il entend par là la fixation d’objectifs à court et long termes programmés, qui doivent être appuyés par les aides étatiques. 

Les changements de la vie quotidienne qui émergeront : 

Sous l’apparence d’un constat, Nicolas Hulot recommande un changement des habitudes sociétales : prendre l’avion ne devra plus relever de l’automatisme, il faudra privilégier les commerces de proximité à la livraison en 24h d’Amazon, consommer des produits alimentaires de saison, et privilégier des voitures peu polluantes. En bref, il faudra que l’offre et la consommation changent.

Pour se faire, la TVA incitative devrait être envisagée. Le temps de l’Etat régulateur doit revenir, afin de lutter durablement contre le déterminisme social et les écarts de revenus jugés trop importants et facteurs d’un grand déséquilibre sociétale. Et la priorité étant donnée à l’équité, il est nécessaire d’approfondir la lutte contre l’évasion fiscale. 

Tiphaine Chatagne 

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