Municipales : Les grandes villes au tournant :

Plus qu’une semaine avant les prochaines élections, qui se tiendront les dimanches 15 et 22 mars. L’occasion de faire le point sur les plus grandes villes du pays qui, mêlées aux enjeux de société, font les pages de l’actualité, tout comme les grands partis et leurs personnalités. 

À Paris :

L’affaire Benjamin Griveaux a défrayé la chronique, et les révélations accablant l’ancien porte-parole du Gouvernement, investi par La République en Marche, ont eu comme effet le renoncement à sa candidature. De ce fait, il a été remplacé par Agnès Buzyn, ex-ministre de la Santé, qui tentera de briguer la plus grande ville de France. Le dernier sondage, publié ce mardi 3 mars par Harris Interactive – Epoka, pour LCI, 20 Minutes et RTL, nous situe la liste de LREM à la troisième place avec 17 points d’intentions de vote, contre les 16 qu’avait son prédécesseur. Une étude dominée par Rachida Dati (LR), qui pointe à 25 points, et devance d’un petit point Anne Hidalgo (PS), maire sortante, dont la régence est souvent jugée catastrophique, par exemple en matière de sécurité et de circulation routière. A ces trois protagonistes s’ensuivent  le candidat EELV David Belliard (11 %), l’indépendant Cédric Villani (8 %), ou encore l’insoumise Danielle Simonnet (5 %). Accompagnés de Serge Federbusch,  magistrat soutenu par le RN, ces acteurs se sont tous affrontés sur LCI près de trois heures ce mercredi 4 mars, pour une grande confrontation à 7. Et l’hebdomadaire Le Point l’apprécie comme un « drôle de débat », dans lequel pas de « grand vainqueur » n’est ressorti. Cependant, il a été pertinent pour mettre en exergue les grandes lignes défendues par chacun.

Cela dit, les résultats définitifs devraient se jouer à l’issue du second tour, qui verra la formation d’alliances. Un phénomène très courant dans les grandes villes, qui devrait se vérifier une fois de plus, alors qu’aucun des « grands candidats » ne rencontre l’assentiment d’une majorité de votants, ni au premier tour, ni au second. Comme nous le démontre ce sondage Ipsos /Sopra Steria du 20 février, qui enregistre 46 % des inscrits interrogés (comme) ayant une bonne opinion d’Anne Hidalgo. Un nombre qui s’élève à 41 % pour Mme Dati, ou encore 49 % pour Mme Buzyn.

À Lyon :

Pour les lyonnais, deux scrutins distincts se tiendront, pour la ville mais également pour la Métropole, une nouveauté.

Gérard Collomb, maire de Lyon depuis 2001 – à l’exception de sa récente pige au Ministère de l’Intérieur – est en campagne pour briguer la Métropole de 59 communes qu’il a fondée en 2015, et qui constitue le principal siège de pouvoir, tandis que que l’Hôtel de ville en est plutôt le symbole. Etant donné que gérer les deux institutions est formellement interdit, le choix est donc vite fait pour l’homme politique. Ses atouts pour gagner ? Tout d’abord, sa grande notoriété qui témoigne de son influence. Ensuite, d’avoir reçu l’investiture du Parti présidentiel pour concourir sous cette bannière, mais aussi d’invoquer des projets à finaliser qui ont été lancés durant ses mandats municipaux.

La Métropole :

D’après la dernière étude publiée le 26 février par BVA pour Lyon Mag et Jazz Radio, ce scrutin s’annonce compliqué pour le maire sortant, car son avance n’est pas écrasante vis-à-vis de ses principaux adversaires. Ce classement envisagé nous donne :

  • Gérard Collomb (LREM), à 26 points.
  • Bruno Bernard, chef de file d’Europe Écologie, à 20 points.
  • François-Noel Buffet (LR), à 15%. 
  • David Kimelfeld (14 %), l’ancien dauphin de Gérard Collomb, dissident d’En marche parti en solo, mais surtout président actuel du « Grand Lyon ».

« On ne voit pas quel accord lui permettrait de gagner, même avec la liste de LR de François- Noel Buffet » nous dit un lieutenant de Kimelfeld, qui espère arriver en deuxième place pour négocier en leader.

La Municipalité :

À Lyon, les sondages se suivent et ne ressemblent pas. Le dernier sondage, daté du 1er mars, et réalisé par Ifop pour un think-tank proche de LREM, nous indique son classement potentiel, avec aucun favori incontestable. Une constante que l’on retrouve pour chacune des études, de même que le score «écolo » qui est toujours élevé, tantôt premier, si ce n’est au « coude- à- coude » avec la tête.  Cette dernière étude, réalisée sur plus de 800 sondés, nous classe alors :

  • Grégory Doucet, candidat Les Verts, à 26 %
  • Yann Cucherat, candidat LREM choisi par le maire en exercice, à 25 %.
  • Etienne Blanc, candidat Les Républicains, à 16 %, et adjoint de Laurent Wauquiez à la région Auvergne Rhône-Alpes.

Un débat de près d’une heure, réunissant 6 candidats, s’est déroulé sur France 3 Auvergne Rhône-Alpes ce mercredi 4 mars, laissant ces prétendants égrener leurs principales propositions, sur des thématiques en vogue que sont la mobilité urbaine, ou encore le verdissement de la ville, parmi d’autres.

Quant au second tour, les jeux sont assez ouverts et des alliances devraient se faire entre d’une part « EELV – Gauche Unie », mais aussi l’union « LREM-Modem ». La liste LR, elle, pourrait rester indépendante.  Ces deux derniers noms évoqués ont un leitmotiv : « Tout sauf les Verts, tout sauf Grenoble », en référence à la mairie « écolo » de cette ville, jugée désastreuse.

Il est aussi très difficile de bâtir des conclusions. De fait, le premier tour, assez indécis, n’est pas encore passé. Et des supputations sérieuses sont difficiles à réaliser. Le vote municipal est circonscrit en 9 arrondissements, et le vote métropolitain en 14 circonscriptions. Soit autant de vainqueurs séparés, qui devront s’entendre lors d’un troisième tour…

À Marseille :

Dans la grande ville du Midi, le dernier sondage Ipsos pour France Bleu Provence, publié entre le 10 et 14 février, nous dévoile ses données avec deux grands favoris :

  • Martine Vassal, candidate LR. Actuelle Présidente de la Métropole, tout comme du conseil départemental des Bouches du Rhône, elle fut adjointe de l’emblématique maire Jean-Claude Gaudin de 2001 à 2015, étant en quelque sorte son héritière. Le vote pour sa liste est estimé à 23 %.
  • Stéphane Ravier, sénateur RN, à 22 %.

Ces deux candidats se talonnent mais une alliance des partis de gauche (EELV/ Socialos) pourrait venir les contrarier dans la course à la bataille.

L’union des verts et des socialistes est d’ailleurs un binôme qui pourrait remporter d’autres mairies importantes. Si l’on se fie aux sondages, à l’exception de communes comme Nice où le Républicain Christian Estrosi est situé à plus de 45 %, les grandes villes nous dévoilent souvent des scores assez serrés, comme on a pu le vérifier ci-dessus. Les alliances du second tour devraient alors être déterminantes, nous prédisant des bouleversements à venir. D’où l’intérêt de suivre cette campagne avec appétence…

RD

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