Le chef d’AQMI abattu par l’armée française dans le Nord du Mali

Le 5 juin dernier, le ministre des armées Florence Parly a annoncé que l’Algérien Abdelmalek Droukdel, le chef d’Al-Quaïda au Maghreb Islamique (AQMI), avait été éliminé le 3 juin lors d’une opération militaire dans le Nord du Mali. L’homme le plus recherché d’Algérie aurait quitté sa forteresse de Kabylie avec sa garde rapprochée et aurait été neutralisé dans la région de Tessalit, en territoire touareg.

Une source de l’état-major des armées indique que l’opération a pu être mise en place à partir « de croisements de renseignements français et américains – Washington dispose d’importants moyens de surveillance au Sahel ». Selon le colonel Frédéric Barbry, porte-parole de l’état-major, le corps de l’émir Droukdel a été « formellement identifié ». L’opération de l’armée française s’est déroulée « au nord de l’adrar des Ifoghas, à 80 kilomètres à l’est de Tessalit, et a été réalisée par un module d’intervention composé d’hélicoptères et de troupes au sol ».

Abdelmalek Droukdel était l’un des derniers commandants d’Al-Quaïda à avoir directement prêté allégeance à Oussama ben Laden – ainsi qu’au Mollah Omar, l’ancien chef des talibans, mort en 2013.  Après avoir adhéré à l’âge de 20 ans dans la clandestinité au FIS algérien (le Front Islamique du Salut) dont est issu plus tard le GSPC (Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat), qui devient en 2007 AQMI. Droukdel devient l’émir – le leader – de ce groupe en 2004 après que certains autres chefs aient été tués.

L’émir Droukdel est ensuite responsable de plusieurs attentats particulièrement meurtriers dont l’attaque du 11 avril 2007 à Alger qui causa 20 morts et près de 200 blessés, ainsi que l’assassinat du ressortissant britannique Edwin Dyer en 2009 et il entame parallèlement une guérilla contre les armées de l’Algérie, du Mali et de la Mauritanie. Puis, à partir de 2012 la déstabilisation du Mali voisin a permis à Droukdel de recruter parmi les Touaregs, bien que l’émergence de groupes comme le MNLA (Mouvement National de Libération de l’Azawad) soit venue concurrencer son influence dans la région.

Même si l’élimination de Droukdel représente un réel succès pour l’armée française, le colonel Barbry rappelle que l’ennemi principal dans la région est l’EIGS (État Islamique au Grand Sahara, un groupe djihadiste qui a émergé il y a plusieurs années et qui rivalise avec AQMI), qui a été clairement désigné comme cible prioritaire. « On peut se réjouir de ce succès, pour autant il faut continuer d’entretenir la pression contre l’EIGS. »

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