Sur fond de tension avec les partenaires sociaux vis-à-vis de la réforme des retraites en cours, le président de la république samedi soir à l’occasion de son anniversaire, a fait savoir qu’il renonçait à sa retraite de président de la république.

Un « privilège » datant de 1955

Mis en place par René Coty en 1955, il permettait aux anciens présidents de la république de toucher environ 6000 euros brut par moi à vie (contre les 15000 euros en exercice). Initialement, cette retraite avait été pensée comme une indemnité pour avoir rendu service à la nation pendant 7 (puis) années en la gouvernant. 

Le problème de ce « privilège » tant décrié repose sur les coûts de cette retraite, ancien Valéry Giscard D’Estaing toujours en vie aura coûté plus de 2.4millions d’euros de retraite présidentielle à la république. On imagine le coût pour la collectivité si tous les anciens présidents vivent aussi vieux que celui-ci.

En outre, Emmanuel Macron a aussi renoncer à siéger au conseil constitutionnel. Pour rappel, le conseil constitutionnel est un organe institutionnel pensé initialement pour encadrer le pouvoir législatif et qui a progressivement pris en importance. Aujourd’hui le conseil constitutionnel veille au respect de la constitution et encadre l’action de l’exécutif. En ce sens, que d’anciens présidents y siègent pour surveiller l’action de leurs successeurs ne semblait pas incohérent. 

Quelques précédents et peu de successeurs 

A ce jour, seul Charles De Gaulle, premier président de la Vème République avait renoncé à sa retraite, se contentant de sa retraite de général. Néanmoins, relativisons, que ce soit Yvonne ou Charles, les De Gaulle étaient issus de familles aisées qui vivaient très bien sans retraite présidentielle dont la somme eut été très anecdotique. 

Autre cas de figure, François Hollande, qui a l’issu de son mandat refusa aussi de siéger au conseil constitutionnel.

Enfin, Emmanuel Macron entend supprimer définitivement ces « privilèges », y compris pour ses successeurs.

L’Opposition crie à la démagogie

Plutôt que de saluer un geste en faveur d’une plus grande transparence de la vie politique, doublée de la fin de certains privilèges n’ayant rien à envier à l’ancien régime, l’opposition politique, principalement le RN et la France Insoumise, a souligner une réforme démagogique. En effet, en plein conflit social au sujet des retraites, ce « geste » peut apparaitre comme une manière de montrer que le président aussi « fait un effort ». Néanmoins, nous pensons que nous assistons ici à une tentative de réconciliation entre un monde politique rejetant quelques privilèges, ce qui nous semble être un premier pas, certes assez faible, mais un premier pas tout de même dans la longue marche de la réduction de la déconnexion des élites politiques du reste de la population. 

G.D

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