LA CGT APPELLE A LA GREVE :

La CGT a déposé un préavis de guerre pour tout le mois d’avril, pour dénoncer la loi d’urgence sanitaire et ses mesures anti-sociales. 

La loi d’urgence sanitaire : 

Le gouvernement a annoncé le 23 mars la mise en place de l’état d’urgence sanitaire pour une durée de deux mois, relativement à la loi du 3 avril 1955. 

Avec cette annonce, de nombreuses mesures ont été évoquées. Concernant le droit du travail, le recours à l’activité partielle est facilité. De plus, il est rendu possible pour l’employeur d’imposer ou de modifier les dates de prise d’une partie des congés payés dans la limite de six jours ouvrables. 

Par ailleurs, l’accent est mis sur les PME avec la possibilité de « reporter ou d’étaler le paiement des loyers » ou certaines factures (eau, électricité…) pour les très petites entreprises. Le texte prévoit aussi un arsenal immédiat de 45 milliards d’euros pour aider les entreprises en difficulté et financer le chômage partiel des salariés.

L’appel à la grève de la CGT : 

La CGT répond le lendemain de l’annonce sur la loi d’urgence sanitaire au gouvernement par une lettre. Elle y dénonce « les choix du gouvernement qui font que ce sont les masques de protection, gels hydroalcooliques et tests médicaux qui manquent alors que jamais les armes de guerre militaires ou anti-manifestants (LBD, gaz…) ne sont en rupture de stock. Terrible traduction des préoccupations et intérêts de l’État et des capitalistes ». Pendant 30 jours, la CGT appelle à « l’arrêt de tous les services non-essentiels à la continuité de la Nation ».

C’est une surprise pour le gouvernement qui ne s’y attendait pas étant donné qu’une rencontre était prévue entre les partenaires sociaux et le président de la République, le vendredi 3 avril, pour discuter de l’organisation du travail. 

Potentiellement, cela pourrait concerner près de 85.000 adhérents : les agents des services publics territoriaux, les personnels des secteurs privés et publics du logement social, et les salariés privés du service des eaux. 

Plus que les mesures anti-sociales, la CGT dénonce le manque de protections sanitaires : « Des milliers de salariés des collectivités territoriales sont contraints de travailler sans protection, mettant en danger leur santé et leur vie, ainsi que celles de leurs familles. Face à cette situation, où nous avons des employeurs qui ne respectent pas leurs obligations de sécurité et ne respectent pas les personnels obligés de travailler dans le cadre des services publics, nous n’avons pas eu d’autre choix que de déposer ce préavis. », selon Christophe Couderc, secrétaire national de la fédération CGT des services publics. 

Christophe Couderc interrogé sur la question sur France bleu : 

« Ne trouvez-vous pas cela choquant, ce préavis, en pleine crise de Covid 19 ? » a demandé un journaliste au secrétaire national de la fédération CGT des services publics. 

Ce à quoi il a répondu : « Bien sûr que c’est choquant quand c’est présenté comme « un appel à la grève » (…) Mais ce n’est pas un appel à la grève. J’insiste là-dessus. C’est un outil de dissuasion mis à disposition des agents qui sont malheureusement contraints de travailler. » Il dénonce le fait que les agents de la fonction publique ne peuvent pas avoir recours au droit de retrait. « Il n’y a donc pas d’autres solutions pour les agents : soit ils continuent de mettre leur vie en danger, soit ils se rangent au préavis déposé et le font valoir en forme de dissuasion. Ne pas déposer ce préavis aurait été l’équivalent de non-assistance à personne en danger. » Il donne ainsi la priorité au soutien et à l’assistance des salariés de la fonction publique. 

De plus, Christophe Couderc recommande la transparence du ministère de la Santé afin que la population comprenne que les masques sont destinés prioritairement au personnel soignant. 

Les réactions à cet appel à la grève : 

Gérard Darmanin, ministre de la Fonction Publique, juge cet appel à la grève « inopportun » dans le contexte actuel, alors même que le projet de réforme des retraites, contre lequel la CGT avait également déposé un préavis de grève du 1er au 30 mars, a été gelé. 

Stéphane Séjourné, eurodéputé LREM, président de la délégation française du groupe Renew Europe, a réagi en déclarant que « ce préavis de grève est totalement scandaleux, ils feraient mieux de le retirer s’ils ne veulent pas être plus ridicules que ça ». Selon lui, cet appel à la grève est indécent : « On est en pleine crise sanitaire. On demande des efforts énormes à des professions et on en a conscience. Ces professions-là, elles approvisionnent notamment en alimentation les Français. Elles nous permettent de ne pas rajouter une crise à la crise et d’avoir des aliments dans un supermarché ». 

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