Corée du Nord : Kim Jong-un est-il mort ? Sa longue absence fait polémique…

Le 23 avril dernier, des médias sud-coréens ont déclaré – en affirmant détenir des sources au sein du parti communiste chinois – que le dirigeant de la Corée du Nord Kim Jong-un était au bord de la mort. Cette assertion semblait d’abord crédible, puisque ce dernier fait état d’une santé fragile – bien qu’il ne soit âgé que de 36 ans, son surpoids et le tabagisme sont des éléments aggravants des maladies cardiovasculaires –, sans parler du fait qu’il a subi une intervention chirurgicale du cœur le 12 avril. Cependant, le gouvernement sud-coréen a démenti ces allégations tout en affirmant n’avoir que peu d’informations sur l’état de santé actuel du leader nord-coréen, ce qui a ouvert la voie à bon nombre de spéculations.

Il y a effectivement une accumulation d’éléments qui confortent la théorie d’une dégradation de son état de santé ces dernières semaines : sa dernière apparition publique remonte au 11 avril, et il n’a pas participé aux cérémonies traditionnelles en l’honneur de son grand-père  Kim Il-sung – le fondateur du régime nord-coréen et de son idéologie officielle, le Juche – le 15 avril. Il n’a pas non plus participé à l’anniversaire de la création de l’armée du peuple le 25 avril. Les différents médias et agences nord-coréens relatent des activités du dirigeant, comme l’envoi d’un message au président syrien Bachar Al-Assad le 22 avril ou un discours de félicitations aux travailleurs de Samjiyong, ville du Nord-Est du pays récemment inaugurée, le 26 avril ; mais aucune image de Kim Jong-un n’a été publiée, ce qui alimente les spéculations sur son état de santé.

Selon le conseiller spécial à la sécurité nationale du président sud-coréen Moon Jae-in, le dirigeant de la Corée du Nord serait vivant et en bonne santé. Il ajoute que Kim Jong-un séjourne depuis le 13 avril dans la ville de Wonsan, sur la côte, mais que rien ne permet pour l’instant d’affirmer quoi que ce soit sur son état de santé. En fin de semaine dernière, d’après les images collectées par le centre d’analyses américain 38 North, le train spécial de Kim Jong-un se trouvait effectivement près de la ville portuaire de Wonsan, dans une zone côtière où se trouvent des résidences réservées à l’élite nord-coréenne.

Plusieurs médias américains ont affirmé le 20 avril que Washington étudiait des informations selon lesquelles le dirigeant nord-coréen pouvait se trouver proche de la mort après une intervention chirurgicale au cœur ; cette affirmation a ensuite été démentie par le Président Donald Trump. Le lundi 27 avril, le président américain a affirmé lors d’une conférence de presse être au courant de l’état de santé de Kim Jong-un sans pouvoir en dire plus, et lui souhaitant « bonne chance ».

Quoi qu’il en soit, toutes les affirmations sur l’état de santé du leader nord-coréen sont très parcellaires et pour l’instant à mettre au conditionnel. Néanmoins, en cas de disparition de ce dernier, les questionnements autour de sa succession semblent légitimes. En effet, ses enfants sont encore trop jeunes pour régner ; selon la plupart des spécialistes, c’est sa jeune sœur Kim Yo-jong – âgée de seulement 32 ans –  qui serait la solution la plus crédible pour prendre la relève du pouvoir, et assurer la régence jusqu’à la majorité du fils aîné de Kim Jong-un. Elle aurait par ailleurs – ce qui va dans le sens de cette piste – été nommée héritière l’année dernière par le Comité central du Parti des travailleurs. Comme son frère aîné, elle a effectué ses études en Suisse, avant de retourner en Corée du Nord à la fin des années 2000. Après la mort de son père en 2011 et l’accession de son frère au pouvoir suprême, elle a joué un rôle de plus en plus stratégique au sein du régime, devenant l’une des conseillères les plus importantes de Kim Jong-un, notamment lors de la crise diplomatique avec les États-Unis sur le nucléaire.

C.R

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