Ce samedi 21 novembre 2020 a eu lieu la dernière scène d’une affaire singulière et qui a marqué la France entière. Jonathann Daval, 36 ans, a été reconnu coupable du meurtre de sa femme Alexia dans la nuit du 27 au 28 octobre 2017 et condamné à 25 ans de réclusion criminelle.

Ce fait divers avait eu un impact national majeur par son déroulé, digne d’un film hitchcokien. Le matin du 28 octobre 2017, Jonathann Daval et son beau-frère Grégory Gay rapportent au poste de police la disparition de la femme du premier, qui serait partie faire un footing et ne serait pas revenue. Deux jours après ce signalement, le corps de la jeune femme est retrouvé dans une forêt, partiellement brûlé. Cette affaire prend un tournant dérangeant quelques jours après cette découverte. En effet, le 5 novembre 2017, une marche blanche est organisée en mémoire de la jeune femme et on y voit son mari, éploré et soutenu par ses beaux-parents livrer un discours poignant.

Cependant, après une enquête de quelques mois et une garde-à-vue de 30 heures, Jonathann Daval avoue avoir tué sa femme « par accident ». Après de multiples rebondissements familiaux, le procès a donc eu lieu entre le 16 et le 20 novembre 2020.

De par l’évolution de cette affaire et son impact médiatique hors-norme, le jugement était très attendu. La défense a plaidé coupable pour commencer ce procès, mais nombre de points restaient encore en suspens. Tout d’abord, les experts se sont succédé devant la cour, afin de dresser le portrait psychologique de l’accusé. Selon Tony Arpin, qui a témoigné, Jonathann Daval présente deux personnalités, celle présentée au monde et celle pour ses proches et qui « ne sont jamais amenées à se rencontrer ». Or, cette séparation était en train de s’écrouler et c’est ce qui aurait conduit au malaise vagal de l’accusé le premier soir de son procès, en plus des nombreux témoignages de la famille d’Alexia.

Un autre expert, Jean Canterino, image le comportement du suspect, comme « un barrage qui a cédé ». En effet, il a été révélé que Jonathann et Alexia avaient de nombreux problèmes de couple. Leur incapacité à avoir un enfant aurait été largement reproché à Jonathann par sa femme. Or, cette accumulation de reproches aurait déclenché ce moment de rage chez Jonathann Daval et qui l’aurait conduit à commettre l’irréparable.

Le moment le plus fort de cette affaire était le face-à-face entre Jonathann Daval et la mère d’Alexia, Isabelle Fouillot. Cette dernière a principalement questionné son ex-gendre sur les raisons qui ont entraîné la mort de sa fille. Si l’accusé parle « d’une dispute » et qu’il « faut le croire », la mère refuse d’entendre cette hypothèse, ce d’autant plus que Jonathann a changé de version des faits sept fois, allant même jusqu’à accuser sa belle-famille de « complot familial ». Jonathann a néanmoins réitéré des excuses auprès de la famille Fouillot, même si la mère « attend[ait] mieux ». Isabelle Fouillot, devant le silence relatif de Jonathann Daval, finira par lui souhaiter « un bon séjour en prison ».

Ce procès se conclura donc par la condamnation à 25 ans de réclusion criminelle pour Jonathann Daval. La famille de la jeune femme a déclaré que c’était « une bonne décision, à la hauteur de nos souffrances ». De son côté, Jonathann Daval a accepté le jugement, reconnaissant qu’il devait « payer pour les actes qu’il a commis » et la défense a signalé qu’elle ne ferait pas appel de cette décision.

Se termine donc avec ce procès une des affaires les plus médiatisées de ces dernières années et qui aura, parmi d’autres affaires, « permis » de rajouter le terme féminicide dans la justice française.

Valère Bénazet

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