Le conflit qui oppose les deux pays du Caucase se poursuit depuis un mois maintenant. Cette guerre fait écho au premier conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan dans les années 90 après la chute de l’URSS qui a coûté la vie à 30 000 personnes. À cette époque, la région du Haut-Karabakh, à majorité peuplée d’arméniens, mais territoire de l’Azerbaïdjan, revendique son souhait de sécession et de rattachement à sa voisine l’Arménie. Ce conflit aboutira à la victoire de l’Arménie contre son voisin et le Haut-Karabakh deviendra de ce fait une République indépendante, bien que non reconnu par la communauté internationale. Alors que le conflit est gelé depuis maintenant plus de trente ans, on remarque une importante escalade des tensions ces derniers mois.

La guerre a repris le 27 Septembre 2020, après plusieurs rixes à la frontière entre le Haut-Karabakh et l’Azerbaïdjan. Suite au bombardement de Stepanakert, capitale du Haut-Karabakh, l’Arménie considère que son voisin lui a déclaré la guerre tandis que l’Azerbaïdjan estime être en droit de récupérer son territoire. Depuis un mois, les combats se poursuivent. Les bilans partiels font état de 1100 morts dont une centaine de civils. L’Azerbaïdjan a fait le choix de ne pas publier ses pertes humaines. Selon Vladimir Poutine, le bilan s’approcherait plutôt des 5000 morts.

Ce mardi, l’Arménie est accusée de bombardements par l’Azerbaïdjan dans la région de Barda, proche du Haut-Karabakh. L’attaque aurait fait quatre victimes et une dizaine de blessés à l’encontre de civils. Le jour suivant, l’Azerbaïdjan a accusé une fois encore son ennemi d’avoir ciblé cette même région, faisant 21 morts et plusieurs dizaines de blessés. Ces deux attaques ont été démenties par l’Arménie. Le pays assure à l’inverse que les forces azerbaïdjanaises ont détruit une partie des villes de Martouni et Choucha, dans le Haut-Karabakh.
Depuis le début du conflit, les deux pays réfutent systématiquement les déclarations de l’autre. Suite à ce bombardement, l’Azerbaïdjan a saisi d’urgence la Cour européenne des droits de l’Homme ce mercredi. Le pays demande de mettre en œuvre des « mesures provisoires » à l’encontre de l’Arménie, notamment de stopper ses bombardements sur « les zones résidentielles, les lieux publics, les cimetières et autres infrastructures civiles sur le territoire de l’Azerbaïdjan ».
Le gouvernement arménien avait déjà saisi la Cour européenne des droits de l’Homme le 28 septembre à l’encontre de son voisin un mois plus tôt pour les mêmes raisons. L’institution a été saisie de la part des deux pays au titre de l’article 39 de son règlement qui lui permet de prendre des mesures d’urgence lorsqu’il y a un risque imminent de dommage irréparable.

Les tentatives de compromis entre les deux pays sont au point mort. L’Azerbaïdjan et l’Arménie se montrent inflexibles vis-à-vis de leurs revendications liées au conflit. Les actions internationales de médiation sont menées principalement par le groupe de Minsk. Une structure jouant le rôle de médiateur du conflit présidée par les États-Unis, la France et la Russie.
Les tentatives pour instaurer un cessez-le-feu et suggérer un pourparler entre les États ont toutes échoué.
Les trêves instaurées le 10 octobre à Moscou et le 17 octobre à Paris ont été immédiatement transgressées.
La dernière tentative d’instaurer un cessez-le-feu qui devait prendre effet ce lundi 26 octobre a fait l’objet de violations moins d’une heure avant le début de ce dernier. Cette trêve a été initiée par Mike Pompeo, chef de la diplomatie américaine, après s’être entretenu avec le Premier ministre arménien Nikol Pachinian et le Président azerbaïdjanais Ilham Aliev.
Alors que le conflit ne cesse de perdurer, les solutions pacifiques ne semblent pour l’instant pas d’actualité…

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