Ce jeudi, 5 décembre, plusieurs syndicats, qu’ils soient étudiants ou professionnels, appellent à la grève générale notamment à cause de la réforme des retraites. Cela n’est pas sans nous rappeler les trois semaines de grèves qui paralysèrent le pays en 1995.

La réforme des retraites ou la goutte de trop

Alors qu’il y’a un peu plus d’un an, débutait le mouvement des gilets jaunes à cause d’un ras-le-bol fiscal principalement, c’est cette fois la réforme des retraites qui pousse les citoyens à descendre dans la rue.

En effet, si la réforme des retraites prévoit d’augmenter les minimas des plus précaires, l’unification de tous les régimes et la perte de certains avantages pour de nombreuses catégories professionnelles. Derrière le modèle plus juste prôné par l’exécutif, de nombreuses questions et enjeux se posent, notamment le fait que les futures retraites seront indexées sur les salaires, les femmes élevant leurs enfants et restant au foyer voyant leurs pensions diminuer. Mais, d’autre part, plusieurs économistes tablent sur une hausse du déficit de la caisse des retraites augmentant jusqu’à 20 milliards d’euros environ. De fait, la situation semble particulièrement épineuse pour le gouvernement. 

Si la grève est essentiellement liée à la réforme des retraites, il est évident qu’elle cristallise toutes les frustrations vis-à-vis de la politique libérale du gouvernement. Rappelons que la réforme du chômage est entrée en vigueur le 1er novembre avec son lot d’opposition, mais aussi la loi PACTE et les récents problèmes sociaux que dénoncent les étudiants. 

Un appel massif à la grève

Or, face à l’inquiétude d’une réforme négative, cheminots, éboueurs, étudiants, policiers, avocats, enseignants, pompiers, soignants et agriculteurs ont appelés à la mobilisation. D’autant plus que d’après un sondage Odoxa-Dentsu, 66% des Français trouvent cette mobilisation justifiée.

Ce qui frappe d’emblée, c’est la grande diversité des acteurs qui se retrouveront jeudi dans la rue et notamment des professions qu’on a peu l’habitude de voir manifester, en particulier les avocats, policiers et pompiers. En parallèle la SNCF a voté la grève illimitée et la RATP semble suivre le même schéma, ce qui promet, de fait, de bloquer les principaux transports régionaux et nationaux.

La Réponse de l’exécutif : diplomatie et réunion  

Pour tenter d’apaiser les tensions et d’éviter l’éclatement d’un brasier généralisé sur le territoire, le gouvernement a cherché à discuter avec les principaux syndicats initiateurs de la grève jusqu’ici en vain. Si Edouard Philippe s’essaye à la recherche du bon élément de langage pour ne pas froisser les mobilisés, ses ministres à l’instar de Gérald Darmanin entendent mener la réforme jusqu’au bout. En effet, le spectre de 1995 continue de hanter tous les esprits, et, assurément, Edouard Philippe veut réussir là où Alain Juppé qui fut son mentor, échoua.

G.D.

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