ETAT FRANÇAIS : QUEL SOUTIEN A L’ECONOMIE ?

Plus de 15 jours après la fin du confinement généralisé, la reprise de l’activité se fait aussi progressivement que sa sortie, alors même que l’économie est aujourd’hui bien impactée, amenant les pays occidentaux vers leur plus importante récession depuis 1945. Beaucoup d’activités sont encore arrêtées et attendent une aide importante de l’Etat, indispensable à leur survie. Les secteurs concernés ? L’automobile, l’hôtellerie-restauration, le tourisme, ou bien encore la culture. Sans oublier la santé publique qui tourne à plein régime, mais est porteuse de problèmes bien connus des services publics, à savoir le manque de moyens mis à disposition.

L’automobile :

Mardi 25 mai, Emmanuel Macron présentera en sa personne le plan de soutien à cette filière dans le dur, annonçant « d’importantes annonces ». Avec pour preuve, le cas de l’entreprise Renault, au plus mal, qui « joue sa survie » dixit Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, car sa direction envisagerait de fermer quatre sites de production en France, renforçant le sentiment d’urgence. 

Le secteur trépigne donc d’impatience quant à ce plan de sauvetage promis par le gouvernement, qui peut observer en ce moment qu’en avril 2020, les ventes de véhicules pour particuliers ont dégringolé de 88,9 % par rapport à l’année précédente.

Ce plan devrait comprendre certaines mesures stimulant l’accompagnement à l’achat. Avec l’augmentation du plafond du bonus écologique par l’acquisition d’un véhicule 100 % électrique, qui passerait de 6000 à 7000 ou 8000 euros. Pour les flottes d’entreprise, ce même bonus passerait de 3000 à 5000 ou 6000 euros. Quant aux véhicules hybrides, ils feraient eux l’objet d’un bonus à hauteur de 2000 euros.

Bruno Le Maire  a déclaré au Figaro jeudi dernier : « Après le plan tourisme présenté par le premier ministre, le président de la République annoncera la semaine prochaine un plan de soutien pour le secteur automobile. L’industrie aéronautique suivra début juin. Nous accompagnons également les secteurs de la technologie et du bâtiment » argue t’-il encore, ce qui renforce cette stratégie de relance présente depuis maintenant plusieurs semaines.
« Il faut que l’on fasse de cette crise un levier pour accélérer la transition écologique et pour encourager les français à acheter des véhicules qui sont encore aujourd’hui trop chers pour eux. »

La santé :

Ce lundi 25 mai, les yeux du public étaient rivés vers le lancement du « Ségur de la Santé », dénommé ainsi par le ministre de la Santé Olivier Véran, du nom de l’avenue où se trouve l’une des entrées de son ministère.

Rappelons la promesse de Macron qui avait évoqué ce 25 mars dernier, lors d’une visite à l’hôpital de Mulhouse, « un plan massif d’investissement » pour l’hôpital.

Dans ce contexte de crise sanitaire, faisant face à une attente exacerbée des infirmiers, médecins, et personnels hospitaliers, le premier ministre Edouard Philippe a, pour le discours d’ouverture du « Plan Ségur », multiplié les promesses d’un changement profond en matière d’hôpitaux.

Parmi les principales mesures annoncées, « Nous lancerons donc un vaste plan d’aide à l’investissement qui viendrait compléter cette reprise massive de dette ». Les salaires seront normalement revalorisés, avec une « hausse significative ». Le quotidien du personnel soignant changerait « dans les tous prochains mois, précisant que la question « du temps de travail n’est pas un tabou. » car ce sujet des 35 heures françaises est à prendre au sérieux, c’est un thème à controverse, expliquant en partie le différentiel de salaire qui subsiste aujourd’hui entre le France et les différents pays de l’OCDE, tournant en notre défaveur. 

Enfin, Edouard Philippe dévoilera ce jeudi les grandes lignes de la deuxième phase de déconfinement, à l’issue du Conseil de défense réuni par Emmanuel Macron. 

Les cafés et restaurants fixés dans les départements verts :

Cette semaine, des mesures ou assouplissements doivent être dévoilés par le gouvernement. Les professionnels concernés sauront normalement s’ils pourront rouvrir leurs établissements à compter du 2 juin, soit la semaine prochaine, dans les départements classés « verts ».

Les « grandes vacances » :

Autre sujet controversé : les vacances, car les prochaines seront celles d’été, les plus longues mais aussi les plus économiques, qui impactent divers secteurs, dont celui du tourisme. Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique, a annoncé dimanche sur France Inter : « Chacun peut commencer à réserver ses vacances. On annoncera les nouvelles règles dans le courant de la semaine ».

Le gouvernement a donné son feu vert le 14 mai aux réservations « en métropole et outre-mer » aux mois de Juillet et Août, pour un secteur du tourisme sinistré par le confinement et la fermeture des frontières. L’idée est plutôt d’inciter à passer ses vacances en France, par soutien aux résidents français, et alors que les flux humains sont aujourd’hui limités, y compris en France, ou la règle des 100 kilomètres de distance à ne pas outrepasser, a toujours cours.

La culture fixée plus tard :

Le ministre de la Culture, Franck Riester,  annoncera en fin de semaine un plan de soutien à la chaîne de livres. Des micros-festivals, ou spectacles divers, pourraient éventuellement voir le jour, mais il reste difficile à envisager, compte-tenu d’un tas de paramètres (manque potentiel d’affluence, préparation spécifique à concevoir…).

Rappelons qu’en définitive, les rassemblements de plus de 5000 personnes sont strictement interdits jusqu’en septembre.

Enfin, de façon générale, les mesures publiques seront encore plus poussées avec le projet de loi de finances de l’année 2021, qui nous permettra de connaître un autre volet du plan de soutien. Sûrement le plus attendu, car les retombées économiques à venir seront bien plus grandes.

Roméo Delphin

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