Passeport et Covid-19 Passeport

Ce jeudi 25 février, après une réunion avec les 27 états-membres de l’Union Européenne, le Président Emmanuel Macron a annoncé réfléchir à la mise en place d’un « pass sanitaire », qui serait différent du passeport sanitaire, dont la mise en œuvre a été longtemps débattue, depuis le début de la campagne de vaccination en France.

La création de ce pass sera discutée par le gouvernement lors de la première semaine du mois de mars. Son objectif serait de pouvoir ouvrir de nouveau certains lieux actuellement fermés, tout en préservant la sécurité des Français qui s’y rendraient. Leur accessibilité ne serait pas reliée à la vaccination (ou non) des individus, étant donné que tout le monde n’a pas encore eu accès à des doses. La possibilité la plus évoquée par le gouvernement est de s’enregistrer via un QR code avant d’entrer dans un lieu et donc de faciliter la mise en garde et la transmission d’informations si une personne venait à se révéler être positive par la suite.

Dans les faits, il s’inspirerait assez largement de ce qui est fait lors des voyages par avion au niveau international. Les utilisateurs ont une application sur laquelle se trouvent leurs résultats de tests PCR négatifs, leurs attestations de non-symptômes ou le certificat de vaccination si elle a eu lieu. Le Président de la République concède néanmoins que cette éventualité soulève de nombreuses « questions techniques, de respect des données individuelles, d’organisation de nos libertés ».

Le souci principal concernant la mise en place d’un tel outil au niveau européen est la divergence des cas et des situations entre les différents États-membres. Par exemple, la Bulgarie et l’Autriche préconisent sa mise en place en privilégiant les personnes déjà vaccinées, ou ayant eu le coronavirus et étant donc immunisées sur les prochaines semaines. Cependant, une telle décision est compliquée à prendre pour de nombreux points.

Tout d’abord, la campagne de vaccination n’étant pas encore ouverte à tout le monde, un tel acte serait extrêmement difficile à accepter pour un grand nombre de personnes. Emmanuel Macron a d’ailleurs déclaré qu’il « n’accepterai[t] pas un système où on fait dépendre l’accès à tel ou tel pays à un tel certificat alors que nos jeunes n’auront pas encore été vaccinés ». De même, l’immunité, qui est une des conséquences de la contagion à la Covid-19, n’est pas encore clairement définie par la communauté scientifique, puisqu’on ignore encore combien de temps dure cette immunité.

À l’opposé, la Grèce, désireuse de sauver son économie touristique, souhaite la mise en place d’un tel passeport afin de permettre que des personnes puissent venir passer les vacances d’été dans ce pays. L’objectif est donc de pouvoir soutenir l’économie grecque de manière générale, largement basée sur l’industrie touristique et donc rudement mise à mal par la crise sanitaire du coronavirus. Mais, une telle volonté pose là aussi problème.
Tout d’abord, à l’heure actuelle, à peine 4,2% des européens ont reçu au moins une dose. Il paraît compliqué qu’une si faible partie de la population puisse sauver tout un pan d’une économie. Là encore, le Président français s’est déclaré opposé à une telle mesure. En effet, selon lui, « si les choses vont mieux, aucun d’entre nous n’acceptera que pour capter, par exemple, des touristes, il y ait un pays qui soit moins disant que l’autre et qui prenne des risques en faisant venir des gens du bout du monde pour remplir ses hôtels ». En effet, l’un des fondements de l’Union Européenne étant la libre circulation des personnes, une telle décision pourrait mettre à mal tout le plan mis en place au niveau européen pour garantir la sécurité sanitaire lors des vacances d’été à venir…

Valère Bénazet – 02/03/21

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