Jamais deux sans trois. Jean-Luc Mélenchon a annoncé ce dimanche 8 novembre 2020 une nouvelle candidature à la présidence pour 2022.
Le chef de file de La France Insoumise (LFI) s’était déjà présenté en 2012 et en 2017, et avait alors récolté 19,58% des voix. Un score et une quatrième place qui s’annoncent difficiles à reconquérir après plusieurs polémiques faisant atteinte à son image. Notamment, sa réaction colérique à la perquisition au siège de LFI en 2018 ou plus récemment, ses propos douteux envers les tchétchènes après l’acte terroriste du 16 octobre dernier qui a visé Samuel Paty.
Autre nouveauté : cette candidature est soumise à la signature de 150 000 personnes sur la plateforme numérique « Nous sommes pour».
Ce seuil, symbolique d’une “investiture populaire” consiste à “aller chercher un élargissement par rapport à ce qu’est aujourd’hui la France insoumise, qui est le plus grand mouvement de progressistes dans ce pays incontestablement.” d’après le député LFI Eric Coquerel, qui reprend aussi la formule de son chef de file : “Il y a besoin de rallumer une lumière qui soit celle d’une alternative à tout le système que nous subissons.
Soit un projet ambitieux de se présenter comme l’alternative de gauche face à l’affrontement Macron-LePen susceptible d’advenir à nouveau, et suppose donc une union de la gauche pour l’instant rejetée par les partis concernés.

Pour Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste, le timing de cette annonce du chef de file des insoumis est mal choisi « en pleine crise sanitaire, économique, sociale, avec le terrorisme qui est aujourd’hui à son degré maximal d’alerte».
En avril, le secrétaire national du parti Europe Écologie Les Verts, Julien Bayou écrivait à Jean-Luc Mélenchon dans une rubrique publiée dans le Journal Du Dimanche : « Les écologistes que nous sommes ne défendent pas l’idée d’alliances bâties de bric et de broc et basées sur la supposée bonne foi des contractants ».

Enfin, le secrétaire national du Parti Communiste Français, Fabien Roussel, a été élu sur l’engagement d’une candidature autonome de son parti, laissant entendre qu’une alliance entre les deux partis comme ce fut le cas lors des deux dernières élections ne sera cette fois-ci pas d’actualité. Une fracture dont J-L Mélenchon a conscience : « Toutes les organisations et les partis ont décidé d’avoir un candidat. Les mois à venir devant nous sont des mois de pagaille.»

Une élection à l’image de celle de 2017 ?
De nombreuses figures déjà connues retentent leur chance pour la prochaine élection. Parmi elles, le président du parti Debout la France! Nicolas Dupont-Aignan fera son retour, de même que François Asselineau qui s’était annoncé candidat en avril 2019 sur France 2 avant qu’un scandale n’éclate en avril 2020, dans lequel le patron de l’Union populaire républicaine (UPR) était accusé d’agression sexuelle et de harcèlement sexuel.
En septembre 2018, Jean Lassalle annonce participer pour la seconde fois à l’élection présidentielle avec sa campagne Résistons !.
Cette élection pourrait aussi être le retour de François Hollande qui n’aurait « pas perdu la flamme » de « l’engagement » selon ses dires dans interview donnée au magazine Elle, mais aussi le coup d’essai de nouveaux candidats.
Jean-Frédéric Poisson est depuis juillet le candidat de la Voie du peuple (anciennement Parti chrétien-démocrate). Ouvertement conservateur, Jean-Frédéric Poisson entend défendre un projet basé sur la souveraineté nationale, la décentralisation et la « protection de la culture française ».
Le député Joachim Son-Forget a lui annoncé sa candidature défendant son parti Valeur absolue sur le plateau de Touche pas à mon poste!, en février dernier.
Enfin, Eric Drouet, une des figures phares du mouvement des Gilets jaunes et se revendiquant «hors de tout parti», a annoncé sa candidature en octobre dernier.
Face à ce chaos politique, la persistance de Monsieur Mélenchon portera, qui sait, peut-être ses fruits, à l’image de celle de Joe Biden à sa troisième candidature à la présidence américaine, récemment couronnée de succès.
Laora Hoek

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