Ecologie : La percée polémique des Verts

Une vague écologiste est célébrée dans plusieurs grandes villes de France depuis le second tour des élections municipales de 2020.     

Malgré un taux d’abstention de 58,4 %, dû notamment à la situation inédite de la Covid-19, Lyon, Marseille, Strasbourg ou encore Grenoble, Bordeaux, Poitiers ont rejoint le mouvement vert initié aux Européennes de 2019. 

Alors que cette victoire est qualifiée d’« historique », certains membres du parti Europe Ecologie Les Verts ont récemment fait des déclarations polémiques. 

Parmi les exemples récents, le maire de Bordeaux, Pierre Hurmic, a évoqué la suppression du traditionnel sapin de Noël, le réduisant à un “arbre mort”.                                              

Le maire de Lyon, Grégory Doucet, s’en est pris quant à lui au Tour de France, le qualifiant de compétition “machiste et polluante”. 

Le parti a essuyé des critiques à la fois externes et internes, significatives d’une division au sein de celui-ci.                       

En effet, la maire EELV de Poitiers, Léonore Moncond’huy s’est dite, auprès de Franceinfo, “très heureuse” de recevoir le Tour de France dans sa ville. ”Ça reste une fête autour du vélo et s’il y a bien un marqueur de l’écologie, c’est le vélo. Donc avoir un événement aussi populaire autour du vélo me semble une bonne chose”. 

Certains écologistes déplorent le discrédit qui s’abat sur le mouvement.        

 “J’ai beau être écolo, je ne me reconnais pas là-dedans, je considère qu’ils sont caricaturaux” a rapporté la journaliste Isabelle Saporta sur RMC.                         

Inquiets, certains mettent en garde : “les anti-écolos n’attendent que cela…” regrette le député Matthieu Orphelin, co-président du groupe Écologie Démocratie Solidarité à l’Assemblée nationale et proche de Nicolas Hulot.

Ils invitent à se focaliser plutôt sur les décisions concernant la végétalisation, l’économie locale, les transports publics ou encore la sécurité.

Une inquiétude légitime puisque leurs opposants n’hésitent pas à les traiter de « rabat-joie »,ou encore d’« idéologues».

Marine Le Pen décrit la situation comme un « rejet viscéral de tout ce qui fait notre pays, nos traditions, notre culture […] ». 

Du côté de La République En Marche, le député François Jolivet a déclaré sur Twitter : « Plus de patrouille de France, plus de tour de France, plus de sapin de Noël… Le tout en écriture inclusive. #EELV, c’est la fin des repères qui font la grandeur de notre Nation. #ecologie#ecolos »

Ces réactions font preuve d’une hostilité au mouvement vert encore existante et d’une sérieuse remise en question de sa légitimité à l’heure de sa victoire sénatoriale du 27 septembre 2020. 

Une transition écologique française inspirée 

Si les mesures proposées par les nouveaux maires élus d’EELV font autant polémiques, c’est qu’elles semblent révolutionnaires auprès d’une partie de la population. Pourtant, il s’avère que celles-ci sont déjà effectives dans d’autres pays européens comme les Pays-Bas qui entendent au même titre que la France atteindre les objectifs définis par le Green Deal européen de 2018. 

Le maire lyonnais a partagé son ambition de passer à un format de ville « 100% cyclable » et 100% marchable », privilégiant les « mobilités douces » en créant notamment un « réseau express vélo» reliant toutes les communes environnantes entre elles et avec le centre-ville. Une habitude déjà inscrite dans la culture néerlandaise comme le montrent les chiffres suivants : 19 000 Km de pistes cyclables parcourent le pays, 18 millions de vélos pour 16,4 millions d’habitants.

Ce dernier entend également « soutenir les commerçants de proximité », une initiative bénéfique à la fois pour «redynamiser l’emploi » ainsi que pour favoriser la consommation de produits locaux, limitant les conséquences écologiques du transport. 

Une initiative d’ores et déjà effective à Amsterdam, où la création d’une monnaie locale en plastique serait, comme le définit le Mouvement Colibris (fondé par Pierre Rahbi), un moyen de se réapproprier l’économie et de la rendre plus humaine. 

« Le but n’est pas de concurrencer la monnaie nationale mais de créer une monnaie complémentaire qui puisse pallier les déficiences du système monétaire actuel. » Une initiative qui permet donc d’encourager les habitants à se tourner vers une consommation plus responsable, plus éthique et plus durable.

Laora Hoek 

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