Donald Trump

En succédant à Barack Obama, Donald Trump devient le 45ème Président américain, élu en 2016. Si ce dernier est à l’origine de nombreuses polémiques pouvant laisser penser qu’il n’est apprécié que par une minorité d’américains, cela n’est en réalité pas tout aussi tranché qu’il n’y paraît. À ce jour remplacé par le démocrate Joe Biden depuis le 20 janvier, l’heure en est au bilan.

Une notoriété qui reste incontestable

En 2016, Donald Trump promettait aux américains d’apporter de véritables solutions vis-à-vis des flux migratoires, au libre-échange mondial et de s’attaquer à l’élite politique et lobbyiste de Washington pour permettre une baisse significative du chômage. Bien que vaincu aux élections présidentielles de 2020, Trump laissera dans l’histoire américaine, des résultats électoraux spectaculaires. En effet, il comptabilise lors des dernières élections près de 75 millions de voix, soit plus que lors de son élection en 2016, et même, plus qu’Obama en 2008. Mais, il sera tout de même battu par Joe Biden, le 46ème Président américain, qui détient plus de 80 millions de voix… résultats historiques synonymes d’une campagne électorale acharnée.
Si ces chiffres peuvent s’expliquer par un fort taux de participation des américains aux élections, cela atteste et prouve toutefois une notoriété solide pour le Président sortant. Bien que l’invasion du capitole ait amenuisé sa popularité, Donald Trump reste influent au-devant de la scène américaine.

Une politique migratoire stricte

Lors de sa campagne électorale en 2016, l’ancien Président américain s’engageait à limiter l’immigration clandestine par la construction d’un mur entre le Mexique et les États-Unis. Si ce projet n’était en réalité qu’une reprise du projet de construction commandé et ambitionné par de précédents présidents – Bush et Clinton – cette ambition a suscité de nombreux débats. Quatre ans plus tard, 724 km du mur ont été construits durant l’exercice de son mandat. En réalité, ce chiffre n’est pas exact : seuls 80 km ont été bâtis, le reste n’étant que la rénovation du mur construit lors des mandats de Clinton et de Bush.

Donald Trump a donc considérablement durcit sa politique migratoire, notamment avec sa politique “tolérance zéro” vis-à-vis de l’immigration provenant des pays d’Amérique latine. Mais ce n’est pas tout, il a également déposé plusieurs décrets refusant tous les réfugiés ressortissants de sept pays musulmans. Bien que ce texte se soit retrouvé bloqué par la justice fédérale, ses ambitions le feront accuser de discriminations envers cette religion. Si cette politique a plu à ses soutiens, elle a été très mal vue par les démocrates et les défenseurs du droit humain. On retiendra donc une politique rude vis-vis de l’immigration.

Des crises sociales sans issue

Durant son mandat, Donald Trump a fait face à de nombreuses crises sociales, notamment après la mort de George Floyd, un homme noir décédé tragiquement lors d’une arrestation policière. Les manifestations organisées par le mouvement Black Lives Matter, visant à dénoncer les agressions racistes dans le pays, ont engendré une crise sociale pas vraiment prise au sérieux par Donald Trump. En effet, celui-ci a maintenu sa politique sans faire de concessions et sans apporter de solutions à un peuple qui ne demandait qu’un peu de tolérance et une réforme de la police qui, d’après les américains, agissait trop par la force. L’ancien Président a donc préféré réprimer ces manifestations sans apporter de solutions concrètes.
D’autres, au contraire, retiennent du Président une réelle volonté de venir en aide à cette communauté. C’est le cas de Paris Dennard, figure de proue des « Black voices for Trump », déclarant « Il y a des millions de noirs qui aiment ce que le Président a fait, fait et fera pour leur communauté ». « Il a tenu toutes les promesses qu’il nous a faites. C’est le plus grand champion de la cause noire depuis Abraham Lincoln » assure-t-il encore. Une chose est sûre, il y a des membres au sein de la communauté noire qui partagent les idées conservatrices de Donald Trump. Selon eux, l’ancien Président a honoré ses engagements notamment en matière de chômage, en faisant tomber son taux au niveau le plus bas connu depuis vingt ans au sein de la collectivité.

Le bilan économique

Le bilan économique se montre globalement satisfaisant. En effet, le taux de pauvreté a fortement baissé avec un chiffre spectaculaire : seuls 10% de la population se trouvaient sous le seuil de pauvreté. C’est le taux des pauvreté enregistré le plus bas depuis plus de 60 ans aux États-Unis. Cela peut s’expliquer par l’importante baisse du chômage. À son arrivée au pouvoir, le taux de chômage s’élevait à 6,6%. Ce chiffre a été divisé par deux pour atteindre 3,3 % en 2019. Ainsi, les 4 millions d’emplois créés ont permis d’améliorer de façon significative la situation économique. Certains économistes prônent tout de même le rôle important qu’a joué Obama en laissant une situation économique satisfaisante en 2016.

Par ailleurs, certains dénoncent la précarité des emplois créés en reprochant des mauvaises conditions de travail et des salaires trop peu élevés. Aussi, la crise sanitaire liée au Covid a fortement fragilisé le système puisqu’en 2020, le taux chômage est remonté à 7,9%.

Une gestion de la crise sanitaire lamentable

Si Donald Trump détenait un bilan économique très satisfaisant, il n’en n’est pas de même quant à la gestion de la crise sanitaire. En effet, il n’a usé d’aucune stratégie légitime face à la propagation du virus : absence de masques, de confinements, de restrictions et de toute rationalité quant à la dangerosité de la crise. L’ancien Président a d’ailleurs fait polémique en suggérant “une injection de désinfectant” pour lutter contre le coronavirus. Vivement critiqué pour l’absence de gestion et de sérieux face à cette crise, Trump a perdu des partisans pour les élections présidentielles auxquelles il s’est vu vaincu.

“America first” : un retrait des États-Unis dans les relations internationales ?

Très présents et actifs sur la scène internationale, les États-Unis de Trump ont favorisé l’America first. En effet, lors de sa campagne électorale, il avait fait la promesse de diminuer les interventions américaines dans le monde en mettant en place une politique dite isolationniste. Ainsi, des milliers de militaires américains présents en Irak, en Syrie ou encore en Afghanistan ont été rapatriés. En revanche, pour lutter contre les menaces de guerres contre l’Iran, des soldats ont été déployés en Arabie Saoudite.
Par ailleurs, concernant les accords nucléaires avec l’Iran, Trump s’était engagé à se retirer. Ces accords visaient à mettre un terme aux sanctions économiques contre un contrôle du programme nucléaire iranien. Bien qu’il ait tenu cet engagement – que Biden souhaite d’ailleurs revoir – les tensions entre Iran et États-Unis se sont accrues depuis le début de l’année 2020.
Au niveau des relations avec le pays le plus fermé au monde, à savoir, la Corée du Nord, les relations se sont ouvertes avec les États-Unis. Donald Trump s’est en effet rendu à trois reprises sur le territoire coréen, une première pour un Président américain, pour négocier un arrêt du développement de l’arme nucléaire.
Bien que cette négociation fut un échec, la volonté de construire un dialogue avec la Corée du Nord est à souligner. Enfin, concernant la Chine, Donald Trump a conduit une véritable guerre commerciale avec ce pays en voulant notamment interdire l’accès à la célèbre application chinoise TikTok sur le territoire américain. Il a également défendu les mouvements des pro-démocrates chinois visant à lutter contre leur système.

La question environnementale

Climato-sceptique, Donald Trump dresse un bilan noir vis-à-vis de la lutte contre le dérèglement climatique. En se retirant de l’accord de Paris, les États-Unis se sont vu attribuer l’image d’un pays inconscient face aux dangers et risques qu’engendrent le réchauffement climatique.
Dans la même inconscience, l’ancien Président américain a fortement réduit les espaces naturels protégés sur le territoire afin de favoriser les activités énergétiques et de développer les énergies fossiles. Enjeu majeur de notre société aujourd’hui, le climat n’a pas du tout été la priorité de Donald Trump, ce qui laisse les scientifiques et défenseurs du climat très perplexe. En effet, en tant que grande puissance mondiale, la participation américaine dans la lutte contre la crise environnementale est plus que nécessaire.

Un avenir américain maintenant dans les mains de Joe Biden

À ce jour remplacé par Joe Biden, Trump laisse un pays fragilisé par la crise sanitaire, la crise démocratique et la crise environnementale. Obama souligne ainsi la victoire de Biden en déclarant dans un communiqué : “Lorsqu’il entrera à la Maison Blanche en janvier, il sera confronté à une série de défis extraordinaires qu’aucun nouveau Président n’a jamais connu : une pandémie qui fait rage, une économie et un système judiciaire inégalitaires, une démocratie en danger et un climat en péril.”… affaire à suivre !

Perrine Turgault – 25/02/21

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *