À l’antenne sur France 2 et TF1 ce mercredi soir 14 octobre, le Président de la République Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d’un couvre-feu de 21 h à 6 h pour près de 20 millions de Français : en région Île-de-France et dans les métropoles de Lyon, Grenoble, Lille, Marseille, Montpellier, Saint-Etienne, Rouen, et Toulouse. Cette mesure a pris effet à minuit ce samedi 17 octobre avec la réinstauration de l’état d’urgence sanitaire, et ce, pour une durée minimale annoncée de 4 semaines, dans l’espoir d’une baisse des contaminations de 20.000 cas à 5.000. 

Pour les restaurants, c’est un coup de massue qui revient à la fermeture des établissements alors même que 10 jours plus tôt, le 4 octobre, le gouvernement décidait de laisser les restaurants ouverts avec un protocole renforcé. Sur le plan économique, le Président a assuré que le chômage partiel à 100 % sera activé pour les secteurs du sport, de la culture, de la restauration, et de l’événementiel et que le fonds de solidarité sera rétabli avec une aide de 10.000 € par mois dès lors que les entreprises subissent une perte de chiffre d’affaires de 50 %. De plus, une aide supplémentaire de 150 euros pour les bénéficiaires du RSA et des allocations logements a été annoncée. Les PME et TPE, situées dans les zones de couvre-feu, seront exonérées de cotisations sociales et auront une aide allant jusqu’à 1500 €. Par ailleurs, les prêts directs de l’Etat sont garantis par Bercy jusqu’en juin 2021. 

Détaillées par le Premier ministre Jean Castex le lendemain le 15 octobre, les mesures du couvre-feu sont semblables à celles du confinement. Il ne sera pas autorisé de se déplacer de 21 h à 6 h, exception faite pour des raisons professionnelles et de santé, de transports longue distance, d’impératifs familiaux, ou de sorties des animaux de compagnie. De plus, deux à trois jours de télétravail sont préconisés afin de réduire la circulation et la pression collective. Une nouvelle application « Tous anti-covid » avec de nouvelles fonctionnalités telles que les lieux de dépistage ou encore l’état de la circulation du virus sera lancée en parallèle d’une nouvelle stratégie de dépistage pour pouvoir réduire considérablement les délais de résultats. Le couvre-feu s’établissant dans le but de limiter les interactions, le gouvernement recommande de limiter à 6 le nombre de personnes dans les réunions privées. Selon Jean Castex, une mesure est nécessaire en amont des contaminations plutôt que d’augmenter les capacités hospitalières, ce qui n’est pas réalisable lorsqu’on sait le temps de formation du personnel hospitalier.  

L’annonce du couvre-feu a fait réagir massivement. Si d’une part certains maires déclarent vouloir suivre les directives justifiées du gouvernement, tel que Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse : « Je sais à quel point ces nouvelles restrictions vous contraignent dans votre quotidien, mais ce n’est qu’en respectant ces mesures que nous parviendrons ensemble à traverser cette nouvelle épreuve » ; d’autre part, l’opposition ne se cache pas d’exprimer ses critiques. Pour preuve, Jean-Luc Mélenchon dirigeant de La France Insoumise a tweeté « 60 % des contaminations ont lieu au travail ou à l’école ou à l’université entre 8 heures et 19 heures. Mais Macron, interdit les sorties au bar et au restau entre 21 h et 6 H. Bienvenue en absurdie ». Marine Le Pen dirigeante du Rassemblement National s’est quant à elle exprimée sur ce qu’elle estime être un manque de considération des soignants : « La déception doit être vive chez les soignants ce soir, qui n’ont entendu aucune annonce pour les soulager en personnel et en matériel. La politique de test est un échec. Son amélioration, qui permettait la préservation de nos grandes libertés publiques, doit être une priorité ». 

Tiphaine Chatagne

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