CORONAVIRUS : LA CHINE NOUS A-T-ELLE MENTI ?

Les premiers cas de Covid-19 provenant de Wuhan, des soupçons se sont alors naturellement portés vers le labo P4 de la ville, qui est l’un des deux seuls à opérer en Chine, sur une quarantaine en activité dans le monde. Dès lors, le laboratoire étant potentiellement à même de diffuser ce type de virus, en dépit de sa mission initiale, les Etats-Unis, Royaume Uni puis maintenant la France, chacun à leur tour, on remit en cause la gestion du coronavirus en Chine qui nous aurait caché « des choses » comme l’a exprimé notre président dans son discours. Alors ces puissances ont-elles raison de porter une telle accusation ? 

Les Etats-Unis sur la défensive

Pour commencer, nous avons eu d’abord le gouvernement de Donald Trump qui s’est attaqué à l’Empire chinois en déclarant que la Chine avait tenté de « dissimuler » des informations concernant la gestion du Coronavirus. En effet, Zhao Lijan, porte-parole du ministère des affaires étrangères chinois, déclarait il y a maintenant 3 mois de ça sur Twitter : « L’armée américaine pourrait avoir apporté l’épidémie à Wuhan. Les Etats-Unis nous doivent une explication ». Ce à quoi le président américain s’est empressé de répondre, traitant la pandémie de « virus chinois ».  Ne faisant qu’amplifier la crise diplomatique entre les deux pays.

Le secrétaire d’État Mike Pompeo a d’ailleurs ajouté: « Nous savons que le virus lui-même est originaire de Wuhan. Donc, toutes ces choses se rejoignent. Il y a encore beaucoup de choses que nous ne savons pas, et c’est ce dont parlait le président aujourd’hui. Nous avons besoin de connaître les réponses à ces questions. Le simple fait que nous ne connaissions pas les réponses – que la Chine n’ait pas partagé les réponses – est très, très révélateur ».

Suite à ces annonces les Etats-Unis ont suspendu leurs contributions au fonctionnement de l’Organisme Mondial de la Santé.  En effet, ces derniers estiment qu’ils ont des positions trop alignées sur la Chine. Donald Trump a ainsi décidé ce 14 avril d’y retirer la contribution américaine, alors qu’ils en étaient le premier donateur, devant la fondation de Bill Gates soit plus de 400 millions de dollars par an.

Le chef de la diplomatie américaine a déclaré « Nous menons une enquête exhaustive sur tout ce que nous pouvons apprendre sur la façon dont ce virus s’est propagé, a contaminé le monde et a provoqué une telle tragédie » sur la chaine Fox News. Le grand média va même plus loin en affirmant que le patient zéro est un homme travaillant dans l’Institut de virologie, se référant à « plusieurs sources informées des détails des premières actions du gouvernement chinois ayant vu des documents pertinents. »

Le Royaume-Uni qui compte bien faire valoir ses droits

Le même jour que l’annonce des Etats-Unis, le Royaume Uni a également tenu à s’exprimer. En effet, le ministre britannique des Affaires étrangères Dominic Raab, a déclaré  que la Chine devrait répondre « à des questions difficiles » . 

« Nous devons regarder tous les aspects, et d’une manière équilibrée, mais il ne fait aucun doute que tout ne peut pas continuer comme si de rien n’était et nous devrons poser les questions difficiles concernant l’apparition du virus et pourquoi il n’a pas pu être stoppé plus tôt ». 

La France n’a pas pesé ses mots non plus

Deux jours après les réactions des Etats-Unis et du Royaume Uni, c’était au tour d’Emmanuel Macron, pour le compte de la France, de s’exprimer dans le cadre d’une interview pour le Financial Times

On y apprend que le président de la République a déclaré « Il y a manifestement des choses qui se sont passées qu’on ne sait pas ». 

Emmanuel Macron a par la suite ajouté : « Vous ne pouvez pas comparer la situation de la France, de l’Allemagne ou de l’Italie avec celle de la Chine ou de la Russie.

La transparence, l’immédiateté de l’info n’a rien à voir, les réseaux ne sont pas libres dans ces pays, vous ne savez pas ce qui s’y passe vraiment.

Compte tenu de ces différences, n’ayons pas une espèce de naïveté qui consiste à dire que la gestion de l’épidémie par la Chine c’est beaucoup plus fort. On ne sait pas . » 

Selon le président ils existent donc de grande zones d’ombre dans la gestion du coronavirus en Chine. Ces doutes sont partagés, y compris dans les instances européennes.

La Chine tente de se défendre 

Après cette prolifération de critiques, le gouvernement chinois a annoncé  qu’il n’y avait pas eu de « dissimulation » faite par la chine. 

En outre, le gouvernement chinois a rappelé que ce n’était pas le moment de critiquer les différents systèmes politiques.

Zhao Lijian a déclaré « Il est impératif que tous les pays s’unissent pour combattre l’épidémie et gagner la guerre ». 

D’après Le Figaro, le 16 février dernier, des médias d’Etat chinois ont rapporté des défaillances, affirmant que des chercheurs jetaient des matériaux de laboratoire dans les égouts, après expérimentation, et sans leur avoir fait subir le traitement adéquat aux rejets biologiques. Ces derniers ont dénoncé aussi qu’un certain nombre de chercheurs, pour compléter leurs revenus, vendaient des animaux de laboratoire ayant subi des expérimentations sur les marchés de Wuhan.

Cependant, l’accusé en question, le laboratoire, a dénié toute responsabilité. 

C’est d’ailleurs l’Institut de virologie de Wuhan qui a tenté de défendre revendiquant « un certain nombre de découvertes cruciales et opportunes, incluant la publication du génome complet du virus, l’identification de souches virales pour le développement de vaccins et de médicaments, ainsi que la création de modèles d’essais sur les animaux et le diagnostic des patients ».

Les autorités chinoises, qui n’ont pas rendu public le résultat de leur enquête épidémiologique, clament haut et fort que le virus découvert il y a quelques mois provient du marché d’animaux sauvages de Wuhan, désormais rendu célèbre.

L’OMS, siégeant à Genève, a assuré ce mardi 21 avril, via une porte-parole, que selon tous les éléments disponibles, le coronavirus est bien d’origine animale. 

La divergence d’opinions quant à l’origine du Covid-19 perdure, et divise les instances. Et reste malheureusement un débat sans réponse pour le moment…

Julien Reggioni 

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