Arnaud Lagardère a confirmé le jeudi 5 novembre 2020 la tenue de négociations concernant la future gestion de la maison d’édition Hachette. Un rapide historique et aperçu des enjeux d’une telle cession.

L’année 2020 n’est pas sans surprise pour la filiale du groupe Lagardère. Alors confronté aux fonds d’investissement Amber Capital en mai dernier, Vincent Bolloré est venu au secours d’Arnaud Lagardère dans l’objectif de maintenir l’emprise sur Hachette. Retournement de veste ou changement de stratégie : Vivendi va finalement se rallier à Amber Capital, et disposera dès lors de 43,5% du capital de la maison d’édition. L’offensive de Vivendi et Amber Capital est lancée.

Pour faire face à l’initiative, Vivendi et Amber Capital réclamant d’avantage de représentation au conseil de surveillance, Arnaud Lagardère s’est associé avec Bernard Arnault. L’engagement du PDG du groupe LVMH dans la bataille permet aux deux hommes de compter 12% des parts du capital du groupe Hachette.

Le groupe a déclaré dans un communiqué vouloir poursuivre le dialogue enclenché fin août pour « que le groupe résiste au mieux à cette crise inédite et en ressorte renforcé”. C’est ainsi qu’une cession de la filiale Hachette au groupe Vivendi a été envisagé. Toujours est-il que l’idée selon laquelle un même groupe détiendrait non seulement le groupe Hachette mais également Éditis, reviendrait à placer sous la même main les deux plus importants grands éditeurs français. L’Autorité de la concurrence veille en ce sens à ce qu’un tel avantage concédé au groupe Vivendi ne tourne pas en une forme de monopole.

Selon BFM Business, Le Monde ou L’Express, le temps est donné aux négociations : il s’agit de trouver une solution quant à la future gestion de la maison d’édition, une des branches phares du groupe Lagardère.

Ces discussions entre poids lourds s’inscrivent dans un contexte spécifique. Le groupe relativisait dans un communiqué la légère reprise de l’activité à la fin du second trimestre. Il s’agissait davantage pour l’heure de constater la chute des résultats du troisième trimestre : le Travel Retail subit le rebond de l’épidémie, et enregistre une baisse spectaculaire de 66,1% par rapport à l’année précédente.

Une tendance en corrélation avec les restrictions de déplacements, pour un secteur de commerce de détail dans les gares et aéroports déjà durement frappés par la crise. Un chiffre qui, malgré une branche Hachette en progression de 6%, s’assimile à la chute-même du chiffre d’affaires total du groupe, de 38,3%. De quoi expliquer la démarche prudente du groupe Lagardère…

Rayan Chibane

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