Ce dimanche 13 décembre 2020 est le dernier jour où un accord commercial peut être trouvé entre l’Union Européenne et le Royaume-Uni pour que le Brexit, bien que déjà entériné, ne se conclut par un no-deal entre les deux parties.

Boris Johnson, le Premier ministre britannique, a déclaré que ce serait « une solution formidable pour le Royaume-Uni, qui est que nous pourrions faire exactement ce que nous voulons à partir du 1er janvier ». Pourtant, cette issue paraissait être peu souhaitable, aussi bien pour le Royaume-Uni que pour l’Union Européenne, principalement car ils sont, l’un et l’autre, leur principal partenaire commercial. Même si, ce vendredi 11 décembre 2020, les ministres des Affaires Étrangères allemand et irlandais estimaient qu’un accord était « difficile mais encore possible ». Plus le temps passe et plus l’éventualité d’un Brexit sans accord, après près de quatre années d’âpres négociations, prend de l’ampleur, comme l’a concédé la Présidente de la Commission Européenne, Ursula von der Leyen.

À l’heure où ces lignes sont écrites, le couperet n’est pas encore tombé, mais les négociations butent sur trois points clés. Le premier est l’accès européen aux eaux britanniques pour pratiquer la pêche, le second est la manière de régler leurs possibles conflits commerciaux futurs et enfin le dernier, la garantie souhaitée par l’Union Européenne que Londres respectera les règles de la concurrence en échange d’un accès au marché européen sans droit de douanes, ni quota.
Pour ce dernier, le Royaume-Uni ne semble pas prêt à faire des concessions à ce niveau-là. Cela impliquerait donc que les échanges entre l’Union Européenne et le Royaume-Uni seraient donc alors soumis aux règles de l’OMC, l’Organisation Mondiale du Commerce, principalement fondées sur des droits de douanes et des quotas.

Concernant les possibles futurs conflits commerciaux à régler, l’Union Européenne souhaiterait que la Cour Européenne de Justice soit reconnue comme l’organisme indépendant apte à statuer concernant ces conflits, alors que le Royaume-Uni estime que les affaires l’impliquant doivent être réglées par un tribunal britannique.

Enfin, l’accès aux eaux britanniques est le principal point sur lequel la situation est la plus tendue. Le Royaume-Uni refuse que des pêcheurs européens puissent venir pêcher dans leurs eaux. La situation est à ce niveau-là tellement tendue que des navires de la Royal Navy sont déjà prêts à partir pour surveiller les zones de pêche et garantir que seulement des pêcheurs britanniques y auront accès. Le ministère de la Défense britannique a confirmé qu’un total de 14 000 soldats se tenaient prêts à défendre les eaux britanniques.

De même, dans le Kent, région du sud de l’Angleterre, des milliers de camions prennent la route chaque jour en direction de la France et des autres pays européens. Le Brexit, avec ou sans accord, impliquera un retour à des formalités douanières, ce qui pourrait se révéler grave si les solutions envisagées pour fluidifier la circulation sont finalement inefficaces.

Ainsi, le Brexit, voté par référendum en juin 2016 et dont les négociations ont commencé dès cette date, avec la crainte d’un possible no-deal, est finalement extrêmement proche en décembre 2020. En anticipation de cette éventualité, qui prend heure après heure de plus en plus d’ampleur, l’Union Européenne a proposé des mesures d’urgence, ayant pour objectif de maintenir une connexion dans le transport routier et aérien sur les six prochains mois, mais il faut néanmoins que Londres accepte la réciprocité de cette décision. De plus, ces mesures prévoient également une ouverture des eaux britanniques et européennes pour les bateaux des deux parties pour l’année 2021.
Cependant, il faut que le gouvernement britannique accepte ces mesures pour procéder malgré tout à un Brexit en douceur, ce qui n’est absolument pas garanti compte tenu des déclarations de Boris Johnson…

Valère Bénazet

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