Le procès qui s’est ouvert le lundi 23 novembre 2020 au tribunal correctionnel de Paris met en cause l’ancien Président de la République Française Nicolas Sarkozy pour « corruption » et « trafic d’influence ».
Celui qui s’était retiré de la vie politique française après sa défaite lors des primaires de la droite en 2016 encourt entre autres dix ans de prison et un million d’euros d’amende, l’interdiction des droits civiques, civils et de famille, et d’exercer une fonction publique.
Dans le cadre de cette affaire aussi appelée “Paul Bismuth”, sont également incriminés son avocat Thierry Herzog et l’ex-haut magistrat Gilbert Azibert. Ce dernier est soupçonné d’avoir divulgué à 
M. Herzog des informations secrètes concernant l’affaire Bettencourt, autre dossier dans lequel l’ex-chef d’Etat est cité à comparaitre, en échange d’un “coup de pouce” dans l’obtention d’un poste au Conseil d’Etat de Monaco.
L’affaire prend source dans l’interception téléphonique de 142 appels, respectivement entre Nicolas Sarkozy sous l’alias « Paul Bismuth » et Thierry Herzog, ainsi qu’entre ce dernier et l’ancien haut-magistrat bordelais.
N’étant pas directement entré en contact avec celui-ci, Nicolas Sarkozy a répété à plusieurs reprises ne pas être intervenu en sa faveur. “L’issue ne fait pas de doute. De la même façon que l’affaire Bettencourt, pour laquelle j’ai bénéficié d’un non-lieu. De la même façon que l’affaire dite du prétendu financement libyen, qui est en train de s’effondrer”. Cette dernière affaire est à l’origine de la mise sur écoute de Nicolas Sarkozy en septembre 2013.
Mais selon la justice, “La seule sollicitation ou acceptation suffit à la consommation de l’infraction”, soit qu’il n’est pas nécessaire que les promesses aient été réalisées pour prouver le tort des parties, ne serait-ce que dans la manigance d’un tel « pacte corrupteur ».
Alors qu’il affronte une quadruple mise en examen en comptant l’affaire Bygmalion qui débutera au printemps prochain, Nicolas Sarkozy dénonce de manière acharnée une instrumentalisation politique de la justice en multipliant les recours.
De son côté, Gilbert Azibert est défendu par l’avocat Dominique Allegrini, qui dénonce : « Mais voilà, vous mettez Sarkozy, Monaco, Cour de cassation dans le titre et ça fait de la dynamite. »
Thierry Herzog quant à lui devrait baser sa défense sur le secret professionnel censé protéger les conversations entre un avocat et ses clients. Ironie alors que celui-ci est aussi poursuivi pour violation de ce même secret.
Le procès est pour le moment suspendu jusqu’au jeudi 26 novembre en raison de la décision du tribunal “d’ordonner une expertise médicale” de l’un des prévenus, Gilbert Azibert qui, âgé de 73 ans, n’est pas en état de comparaître en raison du risque lié au coronavirus.
Le procès de l’affaire qui devait être examinée jusqu’au 10 décembre, sera donc éventuellement reporté. Dénonçant un “scandale qui restera dans les annales”, Nicolas Sarkozy promet d’ores et déjà d’être “combatif” et clame ne pas être “un pourri”.
Laora Hoek

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