Ce Mardi 10 Novembre, le chef du Congrès péruvien, Manuel Merino a endossé la fonction de président du Pérou après la destitution par le parlement de Martin Vizcarra. Il devient de fait le 3ème président Péruvien depuis 2016. Quasiment inconnu, le nouveau président affilié centre-droit a déclaré vouloir respecter le calendrier des prochaines élections générales prévues le 11 Avril 2021. Il a également appelé à l’unité nationale tout en rassurant les péruviens en promettant de quitter ses fonctions à la date où le mandat de son prédécesseur devait se terminer, le 28 juillet 2021. L’ancien chef de l’Etat n’est pas remplacé par le vice-président, car le poste est vacant depuis la démission de Mercedes Araoz lors d’une crise politique qu’a traversée le gouvernement un an plus tôt.

Une deuxième tentative de destitution du président Vizcarra couronné de succès

La nomination de Manuel Merino survient après la destitution ce lundi 9 Novembre, du président du Pérou Martin Vizcarra pour « incapacité morale » par le parlement. Cette décision a été votée suite aux accusations de présumés pots-de-vin qu’il aurait reçus en tant que gouverneur en 2014. La motion a été largement adoptée par le Congrès. Il suffisait en effet 87 votes, mais la mention a recueilli 105 votes sur 130 parlementaires. Cette décision fait écho à une première tentative en septembre de destitution de Martin Vizcarra, qui avait, elle, échoué. L’ancien chef de l’Etat a tenu lui-même à assurer sa défense. Suite au vote, il déclare « Je quitte le palais du gouvernement comme j’y suis entré il y a deux ans et huit mois : la tête haute. Je ne lancerai aucune action légale ». Non affilié à un parti, Martin Vizcarra alors vice-président accédait au plus haut poste du gouvernement deux ans plus tôt après la démission de Pablo Kuczynski pour sa mise en cause dans l’affaire internationale Odebrecht.

Une décision contestée

Martin Vizcarra était très populaire au Pérou pour son positionnement anti-corruption. Le président sortant à déclarer vis-à-vis de ses détracteurs que « la vacance du pouvoir est une mesure extrême qui ne devrait pas être tentée par le congrès tous les mois et demi ».
Ce dernier a également répliqué que 69 membres du parlement faisaient actuellement l’objet d’une enquête judiciaire, mais n’avaient pourtant pas été destitués. On conteste la légalité de la procédure de destitution. L’ancien chef de l’Etat a de plus indiqué que « même l’Organisation des États Américains (OEA) a demandé que le Tribunal constitutionnel se prononce », et a défendu le droit de ses partisans de manifester pacifiquement dans la rue. Au-delà de la question de la légalité de cette décision, plusieurs craintes émanent des secteurs économiques vis-à-vis de l’instabilité que cette action du parlement engendre. Le Pérou traverse une forte crise économique et sanitaire due à la pandémie. À Lima, la capitale du pays, une manifestation a été organisée près du parlement. On déplore plusieurs personnes blessées et une trentaine d’arrestation selon la police et des médias locaux. Cette manifestation n’était pas la seule et visiblement pas la dernière, de fait, d’autres manifestations n’ont cessé d’avoir lieu dans les grandes villes du pays…

Louis Chauffour

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *