Le 6 janvier, le Congrès s’est rassemblé au Capitole afin de confirmer et d’attester l’élection du nouveau Président américain : Joe Biden, élu en décembre dernier et qui prendra les commandes le 20 janvier prochain. Contestant toujours ces résultats, Trump avait appelé ses électeurs à manifester devant le Capitole. Manifestation qui s’est avérée tourmentée…

Une élection très contestée

Depuis les résultats de l’élection en novembre dernier, Trump n’envisage pas la défaite. Il a exprimé à plusieurs reprises, notamment sur ses réseaux sociaux, qu’il était le grand vainqueur de cette élection, face au démocrate Joe Biden. Cependant, si Trump a convaincu un large électorat, il n’est pas le véritable gagnant des élections. Déçu par les résultats officiels, Trump accuse le parti démocrate de “voleurs de votes” et de “fraudeurs”.
Très contrarié par cette défaite, il a appelé ses partisans, lors d’un discours devant la Maison Blanche, à marcher jusqu’au Capitole. Une nouvelle fois, il a évoqué une “fraude massive” venant des démocrates.

Partant de la Maison Blanche, les pro-trump sont arrivés par milliers devant le Capitole. Dans l’idée de suspendre la certification de la victoire du parti démocrate, certains manifestants se sont introduits dans le bâtiment. Cela faisait plus de 200 ans que le Capitole, aussi appelé Temple de la démocratie, n’avait pas été envahi.

Des débordements inédits

N’hésitant pas à se confronter aux forces de police, les trumpistes ont envahi le Capitole avec une certaine violence : fenêtres brisées, lancer de projectiles, bousculades, insultes… Les forces de l’ordre, n’étant pas préparées à une telle tournure des événements, ont rapidement été dépassées. Pris de panique et d’angoisse, des coups de feu mortels ont été tirés et des bagarres ont éclaté, faisant quatre morts. Plusieurs personnes ont été blessées dont un officier, Brian Sicknick, qui succombera à ses blessures. Faisant cinq morts au total, ces affrontements laissent l’image d’un pays déchiré, où la haine l’a emporté.

Joe Biden, qui accuse ce mouvement d’attaque à la démocratie et aux valeurs américaines, aura la tâche difficile de refermer les plaies d’un pays meurtri par la violence. C’est d’ailleurs son souhait : “rassembler les américains”. Enjeu qui paraît à ce jour difficile mais nécessaire.

Les violences de cette journée chaotique pour l’histoire américaine ont suscité de nombreuses réactions dans le monde. Emmanuel Macron, Boris Johnson ou encore Volkan Bozkir, le président de l’Assemblée générale de l’ONU, se sont montrés inquiets et terrifiés par ces événements allant à l’encontre des principes démocratiques et parlent de “honte” pour les américains. En revanche, concernant les pays ayant des régimes plus autoritaires tels que la Russie, l’Iran ou encore la Chine, les gouvernants se sont empressés de souligner les failles et le déclin des systèmes démocratiques.

Une journée lourde de conséquences

Les sanctions promettent d’être lourdes pour le pays, les manifestants et Donald Trump.

Le pays se voit condamné par le monde entier. Le porte-parole du ministère des affaires étrangères chinois “espère un retour à l’ordre aux États-Unis”. La puissance diplomatique américaine, déjà contestée après le mandat de Trump, se voit davantage fragilisée.

“Ne les appelez pas manifestants. C’était une foule d’émeutiers, des insurgés, des terroristes intérieurs. C’est aussi simple que ça” déclare Joe Biden. Les manifestants les plus turbulents encourent des peines conséquentes allant jusqu’à 20 ans de prison. Les faits reprochés sont évidemment le vandalisme, les menaces envers les élus, l’intrusion dans le Capitole, la violence ou pire encore, la sédition.

Quant à Donald Trump, si plusieurs de ses soutiens lui ont tourné le dos, les conséquences s’avèrent dramatiques pour lui. Trump s’est vu suspendu des réseaux sociaux, dont une suspension permanente sur Twitter afin d’éviter “toute nouvelle incitation à la violence de la part de Donald Trump” alors que ce dernier a directement tenté de calmer la situation. L’ancien président a en effet déclaré “Je demande à tout le monde au Capitole des États-Unis de rester pacifique. Pas de violence! N’oubliez pas que NOUS sommes le Parti de la loi et de l’ordre -respectez la loi et nos grands hommes et femmes en bleu. Je vous remercie!”. En voyant la tournure que les événements ont prise, il a ensuite appelé ses partisans à “rentrer chez eux”. “Nous devons avoir la paix. Alors rentrez chez vous. Je vous aime”, a-t-il énoncé dans une brève vidéo, avant que Twitter la supprime.
Si cette suspension a fait polémique, Facebook et Snapchat ont aussi pris des décisions équivalentes à celles du réseau social Twitter.
Économiquement parlant, Trump risque de perdre de nombreux financements.
Enfin, au niveau de sa politique, accusée d’être “toxique” par divers politiciens, le président américain risque bien de perdre toute légitimité. D’ailleurs, Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre des représentants, appelle à le destituer. Cependant, cette procédure est longue et ne pourrait aboutir avant le 20 janvier 2020, jour de fin de mandat de Trump. Le 25ème amendement est alors privilégié et permettrait au vice-président de prendre la place de Trump pour cause “d’inaptitude à gouverner”. Trump deviendrait alors le premier président américain faisant face à deux procédures d’impeachment.

En attendant de voir ce qui est réservé à Donald Trump, ce dernier a annoncé qu’il n’assistera pas à la prestation de serment le 20 janvier mais il promet que la passation de pouvoir se fera dans les règles. Affaire à suivre…

Perrine Turgault – 14/01/21

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